Acide citrique

VI · BASE DE LA FORMULE

Acide citrique

Le correcteur d’acidité de la formule, qui assure la dissolution des actifs et signe la note acidulée du cassis.

170 mg par dose quotidienne  ·  dans la formule N43 Longevity

L’essence.

L’acide citrique est l’acide organique du citron, de l’orange et de la plupart des fruits acides. C’est aussi une molécule centrale du métabolisme : le cycle de Krebs, ou cycle de l’acide citrique, porte son nom parce qu’il en produit et en consomme à chaque tour dans chaque mitochondrie. C’est un acide tricarboxylique, d’où son pouvoir acidifiant et sa capacité à retenir les ions métalliques. L’acide citrique alimentaire est obtenu par fermentation de sucres par un champignon, Aspergillus niger, puis purifié et cristallisé. Il est connu sous le numéro E330.

Dans N43, il fait partie de la base et joue trois rôles précis : ajuster le pH de la boisson, favoriser la dissolution de certains actifs, et donner la pointe acidulée qui porte l’arôme naturel de cassis. Cette fiche décrit un ingrédient technique, sans lui prêter de vertu qu’il n’aurait pas.

D’où il vient.

Le chimiste suédois Carl Wilhelm Scheele isole l’acide citrique en 1784, en cristallisant le jus de citron après précipitation du citrate de calcium à la chaux. Pendant plus d’un siècle, l’acide citrique du monde vient des citronniers de Sicile et de Calabre, dont l’Italie détient le quasi-monopole. En 1893, Carl Wehmer observe que des moisissures en produisent à partir de sucre, mais c’est James Currie qui montre en 1917 qu’Aspergillus niger en accumule des quantités considérables sur un milieu sucré à pH bas. Pfizer industrialise sa découverte dès 1919 et fait basculer la production mondiale vers la cuve de fermentation.

Entre-temps, l’acide citrique était devenu une molécule de la biologie fondamentale : en 1937, Hans Krebs et William Johnson décrivent le cycle où le citrate est le premier intermédiaire formé à partir de l’acétyl-coenzyme A, travail qui vaudra à Krebs le prix Nobel en 1953. Côté alimentation, il acidifie limonades et conserves dès les années 1920, et le comité mixte FAO/OMS lui attribue une dose journalière admissible « non spécifiée », réservée aux substances dont la sécurité ne justifie aucune limite.

Ce qui se passe en vous, dose après dose.

En se dissolvant, l’acide citrique abaisse le pH de la boisson vers une zone légèrement acide, autour de 4 à 5, où la plupart des vitamines sont plus stables, où les bétalaïnes de la betterave gardent leur couleur, et où les minéraux chélatés restent dispersés. Le citrate est aussi un chélateur naturel qui maintient en solution le magnésium, le zinc et le calcium de l’ascorbate, en évitant les dépôts au fond du verre.

Sur le plan gustatif, l’acidité relève l’arôme de cassis et équilibre la douceur de l’inuline et de la vanille. Une boisson sans sucre a besoin d’acidité pour ne pas paraître plate ; 170 mg suffisent, la vitamine C sous forme d’ascorbate tamponné étant presque neutre. L’acide citrique stimule aussi la salivation, ce qui rend la poudre reconstituée plus fluide en bouche.

LEVIERS DU VIEILLISSEMENT CONCERNÉS

Dysfonction mitochondriale

La biochimie, en détail.

Ingéré, l’acide citrique est absorbé dans l’intestin grêle sous forme d’anion citrate, par des transporteurs de tricarboxylates dépendants du sodium, de la famille NaDC, présents aussi dans le rein et le foie. Le citrate plasmatique, normalement compris entre 0,1 et 0,15 millimole par litre, s’élève transitoirement après un repas riche en agrumes puis revient à sa valeur de base en quelques heures. La quasi-totalité est métabolisée par le foie, les muscles et le rein ; une petite fraction est éliminée dans l’urine.

Dans la mitochondrie, le citrate est le premier intermédiaire du cycle de Krebs : la citrate synthase le forme, l’aconitase l’isomérise en isocitrate, et le cycle produit le NADH et le FADH2 qui alimentent la chaîne respiratoire. Exporté vers le cytosol par le transporteur SLC25A1, il est scindé par l’ATP-citrate lyase en acétyl-coenzyme A, brique de départ des acides gras, et freine la phosphofructokinase, enzyme clé de la glycolyse. Pour la prise quotidienne, la conséquence est simple : 170 mg, entièrement oxydés en dioxyde de carbone et en eau, sont négligeables au regard du citrate que les mitochondries forment chaque jour.

La science, à ce jour.

L’acide citrique est l’un des additifs alimentaires les mieux caractérisés : reconnu comme sûr aux États-Unis, autorisé quantum satis, sans limite quantitative, dans l’Union européenne pour la plupart des denrées. Une orange en contient environ un gramme, six fois la dose de N43. Les données cliniques portent sur l’absorption des minéraux, l’émail dentaire et la pharmacocinétique du citrate ; aucune ne concerne une dose aussi faible.

Aucune allégation de santé n’est autorisée pour l’acide citrique, et N43 n’en formule aucune. Le rappel de son rôle dans le cycle de Krebs est une donnée de biochimie, pas un argument : l’organisme en produit chaque jour des quantités sans commune mesure avec ce qu’apporte une boisson.

Les études, une par une.

Krebs et Johnson, 1937, Enzymologia

Travail fondateur sur des préparations de muscle de pigeon : le citrate est formé à partir d’oxaloacétate et d’un dérivé du pyruvate, puis oxydé en une séquence cyclique. Pas un essai clinique, mais l’origine du nom du cycle.

Gillooly et al., 1983, British Journal of Nutrition

Chez des adultes volontaires, absorption du fer non héminique de repas végétaux mesurée par isotopes : l’acide citrique, à des doses de l’ordre du gramme, augmente l’absorption du fer, alors que phytates et polyphénols la réduisent. Limite : doses très supérieures à celle d’une boisson.

Sakhaee et al., 1999, American Journal of Therapeutics

Méta-analyse de quinze études chez l’adulte : le calcium du citrate est absorbé davantage que celui du carbonate, surtout à jeun. Limite : protocoles hétérogènes, et le résultat concerne le citrate comme sel, non l’acide citrique libre.

West et al., 2000, Journal of Oral Rehabilitation

Étude in vitro sur émail et dentine humains exposés à des acides alimentaires dont l’acide citrique : la perte de tissu augmente avec la concentration, la durée et la température. Limite : modèle sans salive, qui exagère l’érosion.

Penniston et al., 2008, Journal of Endourology

Dosage de l’acide citrique dans des jus : citron et citron vert en contiennent environ 48 et 46 grammes par litre. Étude de composition sans volet humain, utile pour situer la dose de N43 : moins de 4 millilitres de jus de citron.

Pourquoi l’acide citrique. Pourquoi 170 mg.

Parmi les correcteurs d’acidité alimentaires, l’acide citrique est celui dont le goût est le plus franc et le plus fruité, sans l’âpreté de l’acide malique ni la neutralité de l’acide lactique. Il est cristallin, anhydre, très soluble et stable dans une poudre sèche. Sa pureté, supérieure à 99,5 % selon la Pharmacopée européenne, est contrôlée à chaque lot.

170 mg est la quantité qui amène 15 g de poudre dissous dans 250 à 300 ml d’eau au pH recherché et à l’équilibre gustatif voulu. Ni plus, pour ne pas agresser l’émail ni masquer la vanille, ni moins, pour que le cassis s’exprime. Au verre, c’est environ 0,6 gramme par litre, dix fois moins qu’une limonade.

Sécurité, doses maximales, interactions.

L’acide citrique est parmi les substances les mieux tolérées de l’alimentation : dose journalière admissible « non spécifiée » pour le comité FAO/OMS, autorisation quantum satis dans l’Union européenne jusque dans les aliments pour nourrissons, aucune dose maximale pour les compléments en France. Les seuls effets indésirables documentés sont locaux et liés à des concentrations bien supérieures : irritation de la muqueuse par des solutions très acides, érosion de l’émail par les sodas et les jus consommés de façon répétée.

Aucune interaction médicamenteuse n’est décrite à dose alimentaire. Une réserve concerne les traitements contenant de l’aluminium, dont le citrate augmente l’absorption ; le point est documenté pour plusieurs grammes et relève du médecin, comme pour l’insuffisance rénale. Grossesse, allaitement et mineurs ne font l’objet d’aucune restriction, l’alimentation courante en apportant bien davantage.

Dans l’assiette.

L’acide citrique est partout où il y a du fruit acide : le jus de citron en contient environ 45 à 50 grammes par litre, le jus d’orange 8 à 10 grammes, les fruits rouges et la tomate quelques grammes par kilogramme. S’y ajoute l’acide citrique des boissons rafraîchissantes, confiseries et conserves, où il sert d’acidifiant ou de régulateur de pH. L’apport d’un adulte européen se compte en grammes par jour, plusieurs dizaines de fois la dose de N43.

La question d’une « dose étudiée » ne se pose pas : l’acide citrique n’est ni un nutriment essentiel, ni un actif dont on viserait un effet, ni un nouvel aliment, puisque l’organisme le synthétise en continu. Dans N43, c’est un excipient fonctionnel, comme l’inuline pour la texture.

Idées reçues.

L’acide citrique nourrit le cycle de Krebs et donne de l’énergie aux mitochondries.

Le cycle de Krebs fabrique lui-même son citrate à chaque tour. Le citrate ingéré est métabolisé, mais son apport est négligeable devant le flux mitochondrial quotidien, et aucune étude ne montre qu’une dose alimentaire modifie la production d’énergie.

Un acide comme l’acide citrique « acidifie » l’organisme.

Une fois métabolisé, le citrate consomme des protons et se comporte comme une source de bicarbonate : les fruits acides ont une charge acide nette négative. Le pH sanguin est de toute façon régulé au centième près par les poumons et les reins.

L’acide citrique de fermentation est suspect parce qu’il vient d’une moisissure.

L’acide citrique produit par Aspergillus niger est purifié, cristallisé et contrôlé selon la Pharmacopée européenne. C’est la même molécule que celle du citron, et cette voie alimente l’industrie depuis un siècle sans signal de sécurité.

Synergies dans la formule.

L’acide citrique travaille avec le potassium citrate, dont il partage l’anion, et avec la vitamine C sous forme d’ascorbate de calcium tamponné, dont il complète l’acidité. Il stabilise la couleur de l’extrait de betterave rouge, dont les bétalaïnes tiennent le mieux entre pH 4 et 6, et aide à la dispersion du magnésium bisglycinate et du zinc bisglycinate.

Dans l’ensemble, il est le réglage fin de la formule : quelques dixièmes de gramme qui font que tout se dissout, que la couleur tient et que le goût est juste.

Pour qui c’est fait.

À celles et ceux qui apprécient une boisson au goût net et acidulé plutôt que sucré, et qui veulent savoir pourquoi chaque ingrédient est là, même le plus modeste. Aux profils qui savent qu’un correcteur d’acidité bien choisi conditionne la stabilité de tout le reste.

La note juste, chaque matin, pour que le reste s’exprime.

Questions fréquentes sur cet actif.

L’acide citrique de N43 est-il naturel ou synthétique ?

Il est obtenu par fermentation de sucres par Aspergillus niger, puis purifié et cristallisé : la voie qui produit la quasi-totalité de l’acide citrique alimentaire depuis les années 1920. La molécule est identique à celle du citron ; ce n’est pas une synthèse chimique mais un procédé biologique.

Pourquoi mettre de l’acide citrique dans un complément de longévité ?

Pour trois raisons techniques : amener la boisson au pH où les vitamines et la couleur de la betterave sont stables, maintenir les minéraux en solution par chélation, et donner l’acidité qui porte l’arôme de cassis dans une formule sans sucre ajouté. Il n’a pas de rôle physiologique à cette dose.

170 mg d’acide citrique, c’est beaucoup ?

Non. Une orange en contient environ un gramme, un citron pressé plusieurs grammes. Ramenés aux 250 à 300 ml du verre, les 170 mg de N43 donnent une concentration dix fois inférieure à celle d’une limonade : la quantité nécessaire au réglage du pH et du goût, pas davantage.

L’acide citrique est-il mauvais pour l’estomac ?

Aux concentrations alimentaires, non. Les irritations rapportées concernent des solutions très acides, comme un jus de citron pur à jeun. La boisson N43 est tamponnée par l’ascorbate de calcium et le citrate de potassium ; les personnes sensibles peuvent la prendre pendant le petit-déjeuner.

L’acide citrique et le citrate de potassium font-ils double emploi ?

Non : même anion, rôles différents. L’acide citrique apporte les protons qui règlent le pH et donnent l’acidité en bouche ; le citrate de potassium, déjà neutralisé, apporte le potassium et tamponne la boisson. Ensemble, ils forment un couple acide-base qui stabilise le pH du verre.

L’acide citrique abîme-t-il les dents ?

Les acides alimentaires peuvent, à concentration élevée et en contact répété, éroder l’émail : c’est établi pour les sodas et les jus purs bus toute la journée. Une boisson tamponnée, faiblement concentrée et prise en une fois au petit-déjeuner ne relève pas de ces conditions.

Références.

  1. Krebs HA, Johnson WA. The role of citric acid in intermediate metabolism in animal tissues. Enzymologia. 1937;4:148-156
  2. Currie JN. The citric acid fermentation of Aspergillus niger. Journal of Biological Chemistry. 1917;31:15-37
  3. Gillooly M, Bothwell TH, Torrance JD, et al. The effects of organic acids, phytates and polyphenols on the absorption of iron from vegetables. British Journal of Nutrition. 1983;49:331-342
  4. Sakhaee K, Bhuket T, Adams-Huet B, Rao DS. Meta-analysis of calcium bioavailability: a comparison of calcium citrate with calcium carbonate. American Journal of Therapeutics. 1999;6:313-321
  5. West NX, Hughes JA, Addy M. Erosion of dentine and enamel in vitro by dietary acids. Journal of Oral Rehabilitation. 2000;27:875-880
  6. Penniston KL, Nakada SY, Holmes RP, Assimos DG. Quantitative assessment of citric acid in lemon juice, lime juice, and commercially-available fruit juice products. Journal of Endourology. 2008;22:567-570

Cet actif est l’un des 5 composants du complexe Base de la formule dans la formule N43 Longevity — un protocole quotidien de 43 actifs pensé pour soutenir les douze leviers du vieillissement. Complément alimentaire : ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.