Lexique de la longévité

NAD⁺, sirtuines, autophagie, sénescence, hormèse, méthylation, novel food, VNR : la longévité nutritionnelle a son vocabulaire, emprunté à la biologie cellulaire, à la nutrition et au droit alimentaire. Ce lexique en réunit une centaine de termes, classés par ordre alphabétique et définis en quelques phrases, sans jargon inutile ni promesse. Il sert de référence aux autres guides du site : chaque définition dit ce que l’on sait, et signale, quand il le faut, ce qui reste hypothétique.

De 5-MTHF à Collagène

Chiffres, A, B, C.

Les premières entrées couvrent les fondations : l’énergie (ATP, chaîne respiratoire, acétyl-L-carnitine), les capteurs de la cellule (AMPK, autophagie, CD38), les notions de nutrition et de droit (biodisponibilité, bisglycinate, complément alimentaire) et les molécules structurelles (carnosine, collagène). Plusieurs termes renvoient aux douze leviers du vieillissement détaillés ailleurs sur le site, où chaque mécanisme est développé avec ses preuves.

5-MTHF5-méthyltétrahydrofolate, forme active de la vitamine B9 directement utilisable par les cellules. Contrairement à l’acide folique de synthèse, il n’a pas besoin de l’enzyme MTHFR pour agir, ce qui importe chez les personnes porteuses de variants de ce gène.
Acétyl-L-carnitineForme acétylée de la carnitine, molécule qui transporte les acides gras à longue chaîne dans la mitochondrie pour qu’ils y soient brûlés. Le groupement acétyle peut aussi alimenter la synthèse d’acétylcholine. Sa synthèse endogène et ses concentrations tissulaires diminuent avec l’âge.
Acide R-alpha-lipoïqueCofacteur des enzymes mitochondriales qui convertissent le pyruvate et l’alpha-cétoglutarate. L’isomère R est la forme naturelle, active ; le mélange racémique (R/S) des compléments ordinaires en contient moitié moins. Le sel de sodium (Na-RALA) stabilise une molécule sinon sensible à la chaleur.
AGCCAcides gras à chaîne courte (acétate, propionate, butyrate), produits par les bactéries du côlon lorsqu’elles fermentent les fibres. Le butyrate nourrit les cellules de la paroi intestinale ; les AGCC dialoguent avec le système immunitaire et le métabolisme.
AGEAdvanced glycation end-products, produits terminaux de glycation. Molécules formées quand un sucre se fixe durablement sur une protéine ou un lipide. Ils s’accumulent avec l’âge dans les tissus à renouvellement lent (collagène, cristallin) et les rigidifient.
Âge biologiqueEstimation de l’état de vieillissement d’un organisme à partir de biomarqueurs (horloges épigénétiques, paramètres sanguins), par opposition à l’âge chronologique. Les horloges actuelles sont des outils de recherche, dont la précision individuelle reste limitée.
Allégation de santéMention affirmant qu’un aliment ou un nutriment a un effet sur la santé. Dans l’Union européenne, seules les allégations autorisées par le règlement (UE) 432/2012 peuvent être utilisées, avec leur formulation exacte (« contribue à… »). Aucune allégation ne peut viser une maladie.
AMPKProtéine kinase activée par l’AMP, capteur du niveau d’énergie cellulaire. Quand l’énergie baisse (jeûne, exercice), l’AMPK s’active, freine les synthèses coûteuses et stimule la production d’énergie et l’autophagie. Elle fonctionne en miroir de mTOR.
AntioxydantMolécule capable de neutraliser des espèces réactives de l’oxygène ou de régénérer d’autres antioxydants. Le terme recouvre des mécanismes très différents (vitamine C, glutathion, enzymes) ; l’idée qu’un antioxydant en excès serait toujours bénéfique n’est pas confirmée par les essais.
ApoptoseMort cellulaire programmée, propre et silencieuse, par laquelle une cellule endommagée se démonte sans provoquer d’inflammation. Elle s’oppose à la nécrose, mort accidentelle, et à la sénescence, où la cellule survit sans se diviser. Sa défaillance permet la persistance de cellules anormales.
AstaxanthineCaroténoïde rouge produit par la microalgue Haematococcus pluvialis, qui colore le saumon et les crustacés. Sa structure lui permet de s’insérer sur toute l’épaisseur des membranes cellulaires. Chez l’humain, les essais portent sur des marqueurs d’oxydation à 4–12 mg par jour.
ATPAdénosine triphosphate, la monnaie énergétique universelle des cellules. Chaque liaison phosphate rompue libère l’énergie qui alimente les contractions, les transports, les synthèses. Un adulte en régénère environ son propre poids chaque jour, pour l’essentiel dans les mitochondries.
AutophagieLittéralement « se manger soi-même » : processus par lequel la cellule enferme des composants usés dans des vésicules et les digère pour en recycler les briques. Ralentie avec l’âge, stimulée par le jeûne et l’exercice. Voir macroautophagie.
Bêta-glucanesFibres solubles de la paroi cellulaire de l’avoine, de l’orge et de certains champignons. Ceux de l’avoine et de l’orge portent une allégation européenne autorisée sur le maintien d’une cholestérolémie normale à 3 g par jour ; ils nourrissent aussi le microbiote.
BiodisponibilitéFraction d’un nutriment ingéré qui atteint réellement la circulation sanguine et les tissus. Elle dépend de la forme chimique, de la matrice alimentaire, de la dose et de l’état digestif. Une dose élevée mal absorbée vaut moins qu’une dose modérée bien absorbée.
BiomarqueurParamètre mesurable qui reflète un état biologique : concentration sanguine, longueur des télomères, marque épigénétique. Un biomarqueur qui change n’implique pas qu’un résultat clinique change ; c’est la limite de nombreuses études sur les compléments.
Bisglycinate (chélate)Forme d’un minéral (magnésium, zinc, cuivre, manganèse) lié à deux molécules de glycine. Ce chélate est stable dans l’intestin, généralement bien absorbé et mieux toléré que les oxydes ou sulfates, en particulier pour le magnésium.
CarnosineDipeptide formé de bêta-alanine et d’histidine, concentré dans le muscle et le cerveau. Elle tamponne l’acidité et piège certains aldéhydes et sucres réactifs impliqués dans la glycation. Ses effets chez l’humain sont surtout documentés dans le muscle.
CaroténoïdeFamille de pigments végétaux jaunes à rouges (bêta-carotène, lutéine, zéaxanthine, astaxanthine). Liposolubles, ils s’insèrent dans les membranes et filtrent certaines longueurs d’onde. Certains sont précurseurs de la vitamine A, d’autres non.
CD38Enzyme membranaire qui dégrade le NAD⁺ pour fabriquer des messagers du calcium. Son expression augmente fortement dans les tissus vieillissants, sous l’effet de l’inflammation, ce qui en fait le principal consommateur de NAD⁺ avec l’âge. Certains flavonoïdes, dont la quercétine, l’inhibent en laboratoire.
Cellules souchesCellules capables de se renouveler et de produire les cellules spécialisées d’un tissu (sang, muscle, intestin, peau). Leur épuisement, en nombre et en capacité, est l’un des leviers du vieillissement : les tissus se réparent moins vite et moins bien.
cGMP et HACCPBonnes pratiques de fabrication (current Good Manufacturing Practices) et analyse des dangers et points critiques : deux référentiels qui encadrent la fabrication d’un complément, de la réception des matières premières au conditionnement. Voir fabrication.
Chaîne respiratoireEnsemble de cinq complexes protéiques de la membrane interne de la mitochondrie qui transfèrent les électrons du NADH vers l’oxygène et utilisent l’énergie libérée pour produire l’ATP. La coenzyme Q10 est le transporteur mobile entre les complexes I, II et III.
ChaperonProtéine qui aide d’autres protéines à se replier correctement ou à se défaire d’un repliement erroné. Les protéines de choc thermique (HSP) en sont les représentantes les plus connues. Leur efficacité décline avec l’âge.
CiticolineCDP-choline, molécule intermédiaire de la synthèse des phospholipides membranaires, qui apporte de la choline et de la cytidine. Étudiée chez l’adulte sain pour des scores d’attention et de mémoire, à des doses de 250 à 500 mg.
CoenzymeMolécule non protéique indispensable à l’activité d’une enzyme, qui s’y lie temporairement et participe à la réaction. Le NAD⁺, la coenzyme Q10 et les formes actives des vitamines B en sont des exemples.
CofacteurTerme plus large que coenzyme : tout composant non protéique nécessaire à une enzyme, y compris les ions métalliques (zinc, magnésium, manganèse, cuivre, sélénium). Un déficit en cofacteur limite l’enzyme même si elle est abondante.
CollagèneProtéine la plus abondante du corps, formant les fibres de la peau, des tendons, des os et des vaisseaux. Sa synthèse requiert la vitamine C ; sa dégradation et sa glycation contribuent au vieillissement de la matrice extracellulaire.
Complément alimentaireSelon la directive 2002/46/CE, denrée alimentaire destinée à compléter le régime normal, constituée d’une source concentrée de nutriments ou d’autres substances à effet nutritionnel ou physiologique. Ce n’est pas un médicament : il ne peut ni traiter ni prévenir une maladie, et son étiquetage est encadré.

De Dysbiose à Glycine

D, E, F, G.

Ce groupe réunit l’écologie intestinale, l’épigénétique, le vocabulaire des essais cliniques et de la fabrication, ainsi que plusieurs molécules protectrices. La distinction entre glycation et glutathion, souvent confondus par leur consonance, y est importante : l’une est une réaction délétère, l’autre une défense.

Dose-réponseRelation entre la quantité d’une substance et l’ampleur de son effet. Une relation dose-réponse nette est un argument de causalité ; son absence, ou un plateau précoce, indique qu’augmenter la dose n’apporte rien. Beaucoup d’actifs de la longévité montrent un plateau bas.
DysbioseDéséquilibre de la composition ou de la fonction du microbiote intestinal, avec perte de diversité et d’espèces productrices d’AGCC. Associée à l’âge, à l’alimentation pauvre en fibres et à certains traitements. Voir dysbiose.
EFSAAutorité européenne de sécurité des aliments, à Parme. Elle évalue la sécurité des nouveaux aliments, fixe les limites supérieures de sécurité des vitamines et minéraux et rend les avis sur lesquels la Commission européenne autorise ou refuse les allégations de santé.
EGCGÉpigallocatéchine gallate, la principale catéchine du thé vert. Polyphénol très étudié en laboratoire pour ses effets antioxydants et sur la signalisation cellulaire. L’EFSA a fixé en 2018 un seuil de vigilance hépatique à 800 mg par jour d’EGCG sous forme de complément.
ÉpigénétiqueEnsemble des marques chimiques (méthylation de l’ADN, modifications des histones) qui règlent l’expression des gènes sans modifier leur séquence. Ces marques dérivent avec l’âge et servent de base aux horloges épigénétiques.
ErgothionéineAcide aminé soufré que l’humain ne synthétise pas, apporté surtout par les champignons. Il possède un transporteur dédié (OCTN1) qui le concentre dans les tissus exposés au stress oxydatif. Ses concentrations sanguines diminuent avec l’âge.
Essai randomisé contrôléÉtude où les participants sont répartis au hasard entre un groupe recevant l’intervention et un groupe témoin (souvent sous placebo), idéalement à l’insu des deux parties. C’est le niveau de preuve de référence pour juger d’un effet.
FaçonnierEntreprise spécialisée qui fabrique et conditionne un complément pour le compte d’une marque, selon sa formule et son cahier des charges. Un façonnier certifié applique les bonnes pratiques de fabrication et documente chaque lot.
FisétineFlavonoïde des fraises et des pommes, identifié en 2018 comme sénolytique chez la souris. Les essais humains sont en cours ; aucun résultat publié ne permet encore de dire si l’effet se transpose. Elle n’est pas dans la formule N43.
FlavonoïdeSous-famille de polyphénols très répandue dans les végétaux (quercétine, catéchines du thé, OPC du raisin). Les flavonoïdes sont peu absorbés tels quels et largement transformés par le microbiote ; leurs métabolites circulants diffèrent des molécules d’origine.
FOXOFamille de facteurs de transcription qui, activés par le stress ou la restriction énergétique, déclenchent des programmes de résistance : réparation de l’ADN, antioxydants, autophagie. Leur équivalent chez le ver C. elegans, DAF-16, fut l’un des premiers gènes de longévité identifiés.
GABA et ondes alphaLe GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau. Les ondes alpha (8 à 12 Hz) à l’électroencéphalogramme caractérisent un état d’éveil calme. La L-théanine est associée, chez l’humain, à une augmentation de ces ondes.
GlutathionTripeptide (glutamate, cystéine, glycine) qui constitue le principal antioxydant intracellulaire et un acteur de l’élimination des composés toxiques. Sa synthèse est limitée par la disponibilité en cystéine, que la N-acétyl-cystéine apporte, et en glycine.
GlycationRéaction spontanée, non enzymatique, entre un sucre et une protéine, un lipide ou un acide nucléique. Elle produit d’abord des composés réversibles, puis des AGE irréversibles. Elle s’accélère avec la glycémie et se mesure par l’hémoglobine glyquée.
GlycineAcide aminé le plus simple, conditionnellement essentiel : la synthèse endogène couvre mal les besoins pour le collagène et le glutathion. Étudiée à 3 g avant le coucher pour la qualité subjective du sommeil chez l’adulte sain.

De Hallmarks à mTOR

H, I, K, L, M.

Cœur théorique du lexique : les hallmarks ou marques du vieillissement, les notions de durée de vie en bonne santé, l’inflammation chronique de bas grade et les grands régulateurs du métabolisme cellulaire, mTOR et AMPK. Plusieurs de ces termes ont un levier ou un guide dédié sur le site.

Hallmarks (marques du vieillissement)Cadre proposé par López-Otín et al., 2013, Cell, puis élargi à douze mécanismes en 2023 : instabilité génomique, télomères, épigénétique, protéostasie, autophagie, nutriments, mitochondries, sénescence, cellules souches, communication, inflammation, dysbiose. Les douze leviers du site s’y adossent.
HealthspanDurée de vie en bonne santé, sans incapacité ni maladie chronique invalidante. Contrairement au lifespan, sa mesure n’est pas standardisée, ce qui complique les comparaisons entre études et entre pays.
HomocystéineAcide aminé soufré intermédiaire du cycle de la méthionine. Son élévation dans le sang signale généralement un déficit fonctionnel en folates, B12 ou B6. C’est un biomarqueur, non une cible dont la correction garantit un bénéfice.
HormèseRéponse adaptative par laquelle un stress modéré (exercice, chaleur, jeûne, certains polyphénols) renforce les défenses de la cellule, alors qu’un stress fort les dépasse. L’hormèse explique pourquoi « plus » n’est pas toujours « mieux ».
HyaluronaneAcide hyaluronique : polysaccharide de la matrice extracellulaire capable de retenir un grand volume d’eau, présent dans la peau, le cartilage et le liquide synovial. Sous forme orale, seules les fractions de bas poids moléculaire sont partiellement absorbées.
InflammagingContraction d’inflammation et d’aging : état inflammatoire chronique, de faible intensité, sans infection, qui s’installe avec l’âge. Il est mesuré par la CRP ultrasensible ou l’IL-6 et alimenté par les cellules sénescentes, la dysbiose et l’adiposité.
Insuline et IGF-1Hormones de la croissance et du stockage. Leur signalisation, indispensable, est aussi l’une des voies dont la réduction prolonge la vie chez tous les organismes modèles. Chez l’humain, un IGF-1 très bas comme très haut est associé à une mortalité accrue : la courbe est en U.
K2 MK-7Ménaquinone-7, forme de vitamine K2 à longue demi-vie produite par fermentation bactérienne (natto). Elle active des protéines dépendantes de la vitamine K, dont l’ostéocalcine. Avis médical indispensable sous traitement anticoagulant.
KynurénineMétabolite du tryptophane, première étape de la voie de novo de synthèse du NAD⁺. Le rapport kynurénine/tryptophane augmente avec l’âge et l’inflammation, et sert de marqueur d’activation immunitaire dans certaines études sur le vieillissement.
LifespanDurée de vie totale, de la naissance à la mort. C’est le critère des études animales de longévité ; chez l’humain, aucun complément n’a été évalué sur ce critère, faute d’essais assez longs.
LipofuscinePigment brun-jaune fait de protéines et de lipides oxydés que les cellules n’arrivent plus à dégrader. Elle s’accumule avec l’âge dans les neurones, le cœur et la rétine, où on l’appelle parfois « pigment de l’âge ». Elle témoigne d’une autophagie et d’une protéostasie dépassées.
Lot et analyseUn lot est une quantité de produit fabriquée dans les mêmes conditions. Son analyse par un laboratoire vérifie la conformité des dosages, l’absence de contaminants (métaux lourds, microbiologie) et fonde le certificat d’analyse.
Lutéine et zéaxanthineDeux caroténoïdes non provitaminiques concentrés dans la macula de la rétine, où ils filtrent la lumière bleue. Leur densité maculaire augmente avec l’apport alimentaire ou en complément, à des doses de 10 à 20 mg.
Matrice extracellulaireRéseau de protéines (collagène, élastine) et de polysaccharides (hyaluronane) qui entoure les cellules et donne aux tissus leur architecture. Son remodelage, sa glycation et sa rigidification participent au vieillissement de la peau et des vaisseaux.
Méta-analyseÉtude qui combine statistiquement les résultats de plusieurs essais sur une même question. Elle augmente la puissance, mais hérite des faiblesses des essais inclus : une méta-analyse de petites études biaisées reste biaisée.
MéthylationTransfert d’un groupement méthyle (CH₃) sur une molécule cible : ADN, protéines, neurotransmetteurs, homocystéine. Ce cycle dépend des folates, de la B12 et de la B6, et sert aussi à éliminer l’excès de nicotinamide issu des précurseurs du NAD⁺.
MicrobioteEnsemble des micro-organismes qui peuplent l’intestin, soit des milliers d’espèces bactériennes, fongiques et virales. Il digère les fibres, produit des vitamines et des AGCC, éduque le système immunitaire et évolue avec l’âge et l’alimentation.
MitochondrieOrganite d’origine bactérienne, présent par centaines dans chaque cellule, où les nutriments sont oxydés pour produire l’ATP. Elle possède son propre ADN, hérité de la mère, et signale à la cellule son état de stress. Sa dysfonction est l’un des leviers du vieillissement.
MitophagieForme sélective d’autophagie qui élimine les mitochondries endommagées afin d’éviter qu’elles ne libèrent des espèces réactives. Elle est stimulée par l’exercice et, dans des modèles animaux, par certaines molécules comme la spermidine ou l’urolithine A.
MTHFRMéthylènetétrahydrofolate réductase, enzyme qui convertit le folate en 5-MTHF. Des variants fréquents (C677T) réduisent son activité. Le 5-MTHF en complément contourne cette étape, sans que la supplémentation soit nécessaire pour tous les porteurs.
mTORKinase qui intègre les signaux nutritionnels (acides aminés, insuline) pour lancer la croissance cellulaire et freiner l’autophagie. Son inhibition partielle prolonge la vie de nombreux organismes de laboratoire. Voir détection des nutriments.

De NAD⁺ à Quercétine

N, O, P, Q.

Le NAD⁺ et ses précurseurs, le cadre réglementaire des nouveaux ingrédients, les défenses activées par Nrf2 et le contrôle qualité des protéines forment ce groupe. Le guide NR, NMN, niacine, nicotinamide détaille les quatre précurseurs, leurs voies et leur statut réglementaire en Europe.

NAD⁺Nicotinamide adénine dinucléotide, coenzyme présente dans toutes les cellules. Il transporte les électrons vers la chaîne respiratoire et sert de substrat aux sirtuines, aux PARP et à CD38. Ses concentrations tissulaires déclinent avec l’âge.
NAMPTNicotinamide phosphoribosyltransférase, enzyme limitante de la voie de récupération qui recycle le nicotinamide en NMN, puis en NAD⁺. Son activité diminue avec l’âge et l’inflammation, et augmente avec l’exercice d’endurance et la restriction calorique.
NF-κBFacteur de transcription central de l’inflammation, activé par les infections, les lésions et le stress oxydatif. Son activité chronique de bas grade dans les tissus âgés est l’un des moteurs de l’inflammaging. Plusieurs polyphénols la modulent en laboratoire.
Novel foodNouvel aliment : substance non consommée de manière significative dans l’Union avant 1997, soumise à autorisation après évaluation par l’EFSA (règlement (UE) 2015/2283). Le nicotinamide riboside est autorisé ; le NMN ne l’est pas à ce jour.
NR et NMNNicotinamide riboside et nicotinamide mononucléotide, deux précurseurs du NAD⁺ de la voie de récupération. Le NR entre dans la cellule et y est phosphorylé en NMN ; le NMN est le plus souvent converti en NR avant d’entrer.
Nrf2Facteur de transcription qui, sous l’effet d’un stress oxydatif ou de certains composés végétaux (sulforaphane, acide rosmarinique), active les gènes des enzymes antioxydantes et d’élimination des xénobiotiques. C’est un mécanisme typique d’hormèse.
OPCOligomères proanthocyanidiques, polyphénols condensés des pépins de raisin et de l’écorce de pin. Ils font partie des flavonoïdes les plus étudiés pour la microcirculation. L’extrait de pépin de raisin standardisé à 95 % d’OPC est la forme des essais.
OstéocalcineProtéine sécrétée par les ostéoblastes, dont l’activation dépend de la vitamine K. Sa forme non carboxylée dans le sang est un marqueur d’apport insuffisant en vitamine K. Un rôle hormonal est discuté à partir de modèles murins.
PARPPoly(ADP-ribose) polymérases, enzymes de réparation de l’ADN qui consomment du NAD⁺ à chaque cassure à signaler. Leur activation chronique, dans les tissus accumulant des lésions, contribue à la chute du NAD⁺ avec l’âge.
PlaceboSubstance inactive d’apparence identique au produit testé. La comparaison contre placebo, en aveugle, est le seul moyen de distinguer l’effet d’un actif de celui de l’attente, du suivi et du hasard. Un essai « en ouvert », sans placebo, ne prouve pas grand-chose.
PolyphénolGrande famille de composés végétaux portant plusieurs groupements phénol : flavonoïdes, stilbènes (resvératrol), acides phénoliques. Plus que des antioxydants directs, ils agissent comme signaux (hormèse, Nrf2, microbiote) à des concentrations faibles.
PQQPyrroloquinoline quinone, petite molécule redox présente dans certains aliments fermentés. Dans des modèles cellulaires et animaux, elle est associée à la biogenèse mitochondriale ; les données humaines sont encore limitées à de petites études.
Prébiotique et probiotiqueUn prébiotique est une fibre que nos enzymes ne digèrent pas mais que les bactéries du côlon fermentent (inuline, bêta-glucanes). Un probiotique est un micro-organisme vivant ingéré. Un postbiotique désigne les métabolites bactériens eux-mêmes, comme le butyrate.
PrécurseurMolécule que l’organisme transforme en une autre molécule utile : le NR en NAD⁺, la cystéine en glutathion, le tryptophane en sérotonine. Apporter un précurseur n’élève la molécule cible que si l’enzyme de conversion n’est pas limitante.
ProtéasomeComplexe enzymatique en forme de tonneau qui dégrade les protéines marquées par l’ubiquitine. Avec l’autophagie, il constitue l’un des deux systèmes de recyclage des protéines. Son activité diminue avec l’âge.
ProtéostasieHoméostasie des protéines : équilibre entre synthèse, repliement assuré par les chaperons, et dégradation par le protéasome ou l’autophagie. Sa perte avec l’âge laisse s’accumuler des protéines mal repliées et des agrégats, comme dans les tissus à renouvellement lent. Voir le levier perte de la protéostasie.
QuercétineFlavonoïde des oignons, des câpres et des pommes, le plus étudié de sa famille. En laboratoire, il inhibe CD38 et fait partie, avec le dasatinib, de la première combinaison sénolytique testée chez l’humain. Sa biodisponibilité orale est faible et variable.

De Rapamycine à VNR

R, S, T, U, V.

Dernier groupe : les interventions de référence (restriction calorique), le vocabulaire de la sénescence et de ses inhibiteurs, les sirtuines, les acides aminés d’intérêt, les télomères et la valeur nutritionnelle de référence qui structure toute étiquette de complément alimentaire en Europe.

RapamycineMolécule isolée d’une bactérie de l’île de Pâques, inhibiteur de mTOR utilisé comme immunosuppresseur. Elle prolonge la vie de la souris même administrée tard (Harrison et al., 2009, Nature). Médicament sous prescription, elle n’est ni un complément ni un actif de N43.
Restriction caloriqueRéduction durable de l’apport énergétique sans malnutrition. Elle prolonge la vie de la plupart des espèces de laboratoire ; chez l’humain, l’essai CALERIE (deux ans, 12 % de restriction) rapporte des améliorations de marqueurs cardiométaboliques, sans donnée sur la longévité.
ResvératrolPolyphénol du raisin, de la renouée du Japon et des arachides, célèbre depuis 2003 pour son action sur la sirtuine SIRT1 chez la levure. Les essais humains, à 100–1 000 mg par jour, donnent des résultats contrastés ; sa biodisponibilité est faible et son métabolisme rapide.
ROSReactive oxygen species, espèces réactives de l’oxygène : radical superoxyde, peroxyde d’hydrogène, radical hydroxyle. Produites surtout par les mitochondries, elles endommagent les macromolécules en excès, mais servent aussi de signaux à faible dose.
SarcopéniePerte de masse et de force musculaire liée à l’âge, d’environ 1 % de masse par an après cinquante ans et davantage pour la force. Elle est ralentie par l’entraînement en résistance et un apport suffisant en protéines, et constitue un facteur majeur de perte d’autonomie.
SASPSenescence-associated secretory phenotype : cocktail de cytokines, chimiokines, facteurs de croissance et protéases sécrété par les cellules sénescentes. Il altère le tissu environnant, propage la sénescence aux cellules voisines et alimente l’inflammaging.
SénescenceÉtat dans lequel une cellule cesse définitivement de se diviser tout en restant métaboliquement active et sécrétrice. Utile pour bloquer des cellules endommagées, elle devient délétère quand ces cellules s’accumulent. Voir sénescence cellulaire.
SénolytiqueMolécule qui élimine sélectivement les cellules sénescentes. Le concept vient de modèles murins ; chez l’humain, les premiers essais (dasatinib et quercétine, fisétine) sont petits et préliminaires. Aucun complément n’est un sénolytique démontré.
SirtuinesFamille de sept enzymes (SIRT1 à SIRT7) dépendantes du NAD⁺, qui retirent des groupements acétyle des protéines et règlent métabolisme, réparation de l’ADN et inflammation. Voir le guide Sirtuines et resvératrol.
Spermidine (polyamine)Polyamine présente dans le germe de blé, les fromages affinés, le natto. Ses concentrations tissulaires diminuent avec l’âge. Elle induit l’autophagie dans des modèles animaux ; chez l’humain, les données sont observationnelles ou issues de petits essais.
Stress oxydatifDéséquilibre entre la production d’espèces réactives de l’oxygène et la capacité des systèmes antioxydants à les neutraliser. Il oxyde lipides, protéines et ADN. Un stress oxydatif modéré et transitoire fait partie de la signalisation normale.
TaurineAcide aminé soufré abondant dans le cœur, le muscle et la rétine, non incorporé aux protéines. Ses concentrations sanguines diminuent avec l’âge chez plusieurs espèces. Une supplémentation prolonge la vie de souris (Singh et al., 2023, Science) ; aucune donnée humaine équivalente.
TéloméraseEnzyme capable de rallonger les télomères, active dans les cellules germinales et souches, quasi silencieuse dans la plupart des cellules adultes. Son activation artificielle est un sujet de recherche, non une option nutritionnelle.
TélomèreSéquence répétée protégeant l’extrémité des chromosomes, qui se raccourcit à chaque division. En deçà d’une longueur critique, la cellule entre en sénescence. Voir attrition des télomères.
Ubiquinone et ubiquinolDeux états redox de la coenzyme Q10 : forme oxydée (ubiquinone) et forme réduite (ubiquinol). L’organisme convertit l’une en l’autre en permanence ; l’avantage d’absorption de l’ubiquinol dépend fortement de la formulation.
Urolithine AMétabolite produit par certaines bactéries intestinales à partir des ellagitanins de la grenade et des noix. Elle stimule la mitophagie chez l’animal ; chez l’humain, des essais à 500–1 000 mg par jour rapportent des signaux sur l’endurance musculaire. Autorisée comme novel food en Europe.
VNRValeur nutritionnelle de référence : apport journalier de référence pour un nutriment, fixé par le règlement (UE) 1169/2011, qui sert de base au pourcentage affiché sur les étiquettes. Ce n’est ni un minimum ni un maximum de sécurité.

Dans la formule N43

Les termes du lexique, à leur place dans la formule.

Une grande partie de ce vocabulaire se retrouve sur l’étiquette de N43 : précurseur du NAD⁺ (nicotinamide riboside Niagen® 250 mg), coenzyme (Q10 Kaneka Q10™ 100 mg), cofacteurs minéraux en bisglycinate (magnésium 200 mg, zinc 10 mg, cuivre 1 mg, manganèse 1 mg), 5-MTHF Quatrefolic® 400 µg, K2 MK-7 MenaQ7® 120 µg, glycine 6 249 mg, taurine 1 000 mg, carnosine 300 mg, citicoline Cognizin® 250 mg, spermidine 1 mg, ergothionéine 5 mg, hyaluronane 50 mg. Chaque fiche de la page actifs renvoie aux définitions ci-dessus.

Ce qu’on ne sait pas encore

Un vocabulaire plus stable que les certitudes.

Définir un terme n’est pas valider une promesse. Une partie des mots de ce lexique décrivent des mécanismes solidement établis en biologie cellulaire (autophagie, sénescence, méthylation) dont l’importance pour le vieillissement humain repose surtout sur des modèles animaux. D’autres désignent des concepts encore en construction : l’âge biologique n’a pas de définition consensuelle, les hallmarks ont été révisés en 2023 et le seront encore, et les sénolytiques ne sont, chez l’humain, qu’un champ de recherche.

Ce lexique sera mis à jour au fil des publications. Il ne remplace pas la lecture des guides thématiques, qui précisent pour chaque sujet la nature des preuves : population, durée, dose, financement. Un terme scientifique sur une étiquette ne vaut jamais plus que l’étude qui le soutient.

Références

Les sources de ce lexique.

Quelques textes fondateurs et réglementaires dont les définitions ci-dessus sont tirées.

López-Otín et al., 2013 et 2023, CellLes hallmarks du vieillissement, neuf puis douze marques, cadre de référence des leviers décrits sur ce site.
Imai et al., 2000, NatureSir2 est une désacétylase dépendante du NAD⁺ : origine du lien entre NAD⁺, sirtuines et longévité.
Hayflick et Moorhead, 1961, Experimental Cell ResearchLes cellules humaines en culture ne se divisent qu’un nombre limité de fois : première description de la sénescence réplicative.
Harrison et al., 2009, NatureLa rapamycine prolonge la vie de souris même administrée tardivement, premier médicament à le faire.
Horvath, 2013, Genome BiologyPremière horloge épigénétique multi-tissus fondée sur la méthylation de l’ADN.
Directive 2002/46/CEDéfinition légale du complément alimentaire dans l’Union européenne et liste des formes de vitamines et minéraux autorisées.
Règlement (UE) 432/2012Liste des allégations de santé autorisées ; seules formulations d’effet utilisables sur une étiquette.
Règlement (UE) 2015/2283Cadre des nouveaux aliments (novel foods), qui s’applique au nicotinamide riboside, à la spermidine de synthèse ou à l’urolithine A.

Questions fréquentes

Ce que l’on nous demande.

Quelle est la différence entre lifespan et healthspan ?

Le lifespan est la durée de vie totale ; le healthspan est la durée de vie en bonne santé, sans maladie invalidante. Les études animales mesurent surtout la première ; l’objectif humain raisonnable est plutôt la seconde, mais elle n’a pas de mesure standardisée.

Qu’est-ce qu’un novel food ?

Un ingrédient non consommé de façon significative dans l’Union européenne avant mai 1997. Il doit être autorisé après évaluation de sa sécurité par l’EFSA avant toute mise sur le marché. Le nicotinamide riboside a obtenu cette autorisation en 2020 ; le NMN n’en dispose pas à ce jour.

Que veut dire VNR sur une étiquette ?

Valeur nutritionnelle de référence : l’apport journalier de référence pour un nutriment, fixé par le règlement européen 1169/2011. Le pourcentage affiché compare la dose du produit à cette valeur. Ce n’est pas une limite de sécurité, qui est fixée séparément par l’EFSA.

Les sénolytiques existent-ils en complément alimentaire ?

Non. Les sénolytiques sont des molécules qui éliminent les cellules sénescentes, étudiées pour l’instant dans de petits essais cliniques avec des médicaments ou des extraits à fortes doses. Aucun complément alimentaire ne peut revendiquer cet effet, et les données humaines restent préliminaires.

Qu’est-ce que l’hormèse ?

Une réponse adaptative à un stress modéré : exercice, chaleur, jeûne ou certains polyphénols activent les défenses cellulaires, alors que le même stress à forte dose les dépasse et devient nocif. L’hormèse explique pourquoi la dose compte autant que la molécule, et pourquoi « plus » n’est pas toujours « mieux ».

Quelle est la différence entre un antioxydant et un radical libre ?

Un radical libre, ou espèce réactive de l’oxygène, est une molécule instable qui arrache des électrons à ses voisines. Un antioxydant est une molécule qui peut céder un électron sans devenir elle-même dangereuse, ou une enzyme qui neutralise ces espèces. Les deux coexistent normalement : le stress oxydatif est un déséquilibre, pas une présence.

Un biomarqueur, c’est quoi exactement ?

Une mesure objective, dans le sang, les tissus ou par imagerie, qui reflète un état ou un processus biologique. Un bon biomarqueur du vieillissement devrait prédire la mortalité mieux que l’âge chronologique et répondre aux interventions. Aucun ne remplit encore parfaitement ces deux conditions.

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Ces guides ont une visée pédagogique et ne remplacent pas un avis médical. N43 Longevity est un complément alimentaire : il ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Tenir hors de portée des enfants. Ne pas dépasser la dose journalière recommandée.