Lutéine

IV · MICRONUTRIMENTS ESSENTIELS

Lutéine

Le pigment jaune de la macula, extrait de la fleur de tagète, filtre naturel de la lumière bleue.

12 mg par dose quotidienne  ·  dans la formule N43 Longevity

L’essence.

La lutéine est un caroténoïde de la famille des xanthophylles, pigment jaune que l’on trouve dans le chou frisé, les épinards, le maïs, le jaune d’œuf et les pétales de tagète (Tagetes erecta), sa source industrielle. L’organisme humain ne la synthétise pas : elle provient exclusivement de l’alimentation. Elle s’accumule de façon très sélective dans la rétine, au centre de la macula, où elle forme avec la zéaxanthine ce qu’on appelle le pigment maculaire, cette tache jaune visible au fond de l’œil qui a donné son nom à la macula lutea.

Ce qui distingue la lutéine des autres caroténoïdes, c’est cette localisation. Le bêta-carotène ou le lycopène se répartissent dans les tissus adipeux et le foie ; la lutéine et la zéaxanthine sont concentrées par des protéines de liaison spécifiques dans les photorécepteurs et les couches internes de la rétine, ainsi que dans le cerveau, où la lutéine est le caroténoïde dominant.

D’où il vient.

La tache jaune du fond de l’œil est décrite dès la fin du XVIIIe siècle par l’anatomiste italien Francesco Buzzi, et nommée macula lutea par Samuel von Sömmerring en 1795. Il faut attendre 1945 pour que George Wald, futur prix Nobel, identifie la nature caroténoïde de ce pigment, qu’il rapproche des xanthophylles des feuilles. Le mot vient du latin luteus, jaune. En 1985, Bone et Landrum, à Miami, établissent par chromatographie que le pigment maculaire est composé de lutéine et de zéaxanthine, puis montrent en 1997 qu’un apport oral de lutéine en augmente la densité chez l’humain.

Le passage au complément alimentaire suit une voie industrielle inattendue : la tagète, ou œillet d’Inde, était cultivée à grande échelle au Mexique et en Inde pour colorer le jaune d’œuf et la peau des volailles. La société Kemin, dans les années 1990, met au point la purification de la lutéine libre à partir de l’oléorésine de tagète, et lance FloraGLO®, la matière première de la plupart des essais. En 2006, l’étude AREDS2 est conçue autour de l’association 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine, qui devient la référence des protocoles.

Ce qui se passe en vous, dose après dose.

Dans la macula, la lutéine agit de deux façons complémentaires. Optiquement, elle absorbe la lumière bleue de courte longueur d’onde, entre 400 et 500 nm, avant qu’elle n’atteigne les photorécepteurs : une filtration passive qui réduit l’éblouissement et le halo lumineux, et améliore le contraste. Chimiquement, sa structure conjuguée en fait un piégeur efficace d’oxygène singulet et de radicaux libres, dans un tissu qui combine une forte exposition lumineuse, une consommation d’oxygène élevée et une abondance d’acides gras polyinsaturés.

La densité optique du pigment maculaire est mesurable de façon non invasive et varie beaucoup d’un individu à l’autre, en fonction des apports alimentaires, de l’adiposité et de facteurs génétiques. Elle tend à être plus faible chez les personnes dont l’alimentation est pauvre en légumes verts, et chez les fumeurs. Avec l’âge, la rétine accumule de la lipofuscine, un déchet photosensible qui amplifie le stress oxydatif de la lumière bleue ; le pigment maculaire en atténue la source. Dans une époque d’exposition prolongée aux écrans, dont l’impact réel sur la rétine reste à établir, maintenir cette densité par l’apport alimentaire est une démarche de terrain, qui se mesure sur des mois.

LEVIERS DU VIEILLISSEMENT CONCERNÉS

Inflammation chronique  ·  Communication intercellulaire altérée

La biochimie, en détail.

La lutéine est liposoluble : son absorption dépend des graisses du repas, qui déclenchent la sécrétion de bile et permettent son incorporation dans des micelles mixtes. Les entérocytes la captent par les transporteurs SR-BI et NPC1L1, les mêmes que le cholestérol, puis l’intègrent aux chylomicrons. Dans le sang, elle circule surtout portée par les HDL, à la différence du bêta-carotène, transporté par les LDL. Le pic plasmatique survient au bout de 12 à 24 heures, et l’état d’équilibre après deux à trois semaines de prise quotidienne, pour une demi-vie plasmatique de l’ordre de quelques jours.

La rétine la capte par le récepteur SR-BI de l’épithélium pigmentaire et la fixe grâce à une protéine de liaison spécifique, StARD3, tandis que la zéaxanthine se lie à GSTP1. Une partie de la lutéine est convertie sur place en méso-zéaxanthine, isomère absent de l’alimentation et concentré au centre de la fovéa. Le tissu adipeux constitue le principal réservoir et entre en compétition avec la rétine : à apport égal, les personnes dont la masse grasse est élevée ont un pigment maculaire plus faible. L’élimination est biliaire. Pour la prise quotidienne, cela implique deux choses : prendre la lutéine avec un repas contenant des lipides, et compter en mois, la densité maculaire ne se modifiant sensiblement qu’après trois à six mois.

La science, à ce jour.

Les études d’intervention chez l’adulte en bonne santé montrent qu’un apport quotidien de lutéine augmente la densité du pigment maculaire en quelques mois. Hammond et al. (2014, Investigative Ophthalmology & Visual Science) ont suivi pendant un an de jeunes adultes en bonne santé recevant 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine par jour, et observé une augmentation de la densité du pigment maculaire ainsi qu’une amélioration des mesures de récupération après éblouissement et de sensibilité au contraste, par rapport au placebo. L’étude AREDS2 (2013, JAMA) a testé cette même association, mais chez des patients atteints d’une pathologie rétinienne avancée : cette population très spécifique et ce contexte médical ne se transposent pas aux adultes en bonne santé.

Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la lutéine dans l’Union européenne : l’EFSA a examiné les dossiers relatifs à la vision et conclu, en 2010, que la relation de cause à effet n’était pas établie pour la population générale. La lutéine est en revanche bien caractérisée sur le plan de la sécurité, avec une dose journalière admissible fixée à 1 mg par kilo de poids corporel. Des travaux plus récents explorent son rôle dans le cerveau, encore peu nombreux. Ce qu’on ne sait pas encore, c’est dans quelle mesure l’augmentation du pigment maculaire se traduit en bénéfice fonctionnel durable dans la vie quotidienne, et pour qui.

Les études, une par une.

Hammond et al., 2014, Investigative Ophthalmology & Visual Science

Essai randomisé en double aveugle chez 115 jeunes adultes en bonne santé recevant 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine ou un placebo pendant douze mois. Critères : densité du pigment maculaire, récupération après éblouissement, sensibilité au contraste. Les trois s’améliorent dans le groupe supplémenté. Limite : population jeune, laboratoire unique.

Stringham et Hammond, 2008, Optometry and Vision Science

Chez 40 adultes en bonne santé recevant 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine par jour pendant six mois, la densité du pigment maculaire augmente et les performances visuelles sous éblouissement s’améliorent en proportion. Résultat : la relation dose-pigment-fonction est cohérente. Limite : pas de groupe placebo, effectif réduit.

Nolan et al., 2016, Investigative Ophthalmology & Visual Science

Essai CREST, randomisé contre placebo chez 105 adultes en bonne santé à pigment maculaire bas, recevant pendant douze mois 10 mg de lutéine, 10 mg de méso-zéaxanthine et 2 mg de zéaxanthine. La sensibilité au contraste, critère principal, s’améliore par rapport au placebo. Limite : sélection sur un pigment initial faible, mélange de trois caroténoïdes.

Renzi-Hammond et al., 2017, Nutrients

Essai randomisé chez 51 jeunes adultes recevant 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine ou un placebo pendant un an. Outre la hausse du pigment maculaire, les auteurs rapportent une amélioration de la mémoire visuo-spatiale et du raisonnement. Limite : petit effectif, critères cognitifs multiples, réplication nécessaire.

Landrum et al., 1997, Experimental Eye Research

Deux volontaires ont reçu 30 mg de lutéine par jour pendant 140 jours. Le pigment maculaire augmente de 20 à 40 %, avec un décalage de plusieurs semaines par rapport à la hausse plasmatique, et reste élevé des mois après l’arrêt. Résultat fondateur : l’apport oral atteint bien la rétine. Limite : deux sujets, dose très élevée.

Pourquoi la tagète. Pourquoi 12 mg.

La lutéine de N43 provient d’un extrait de pétales de tagète standardisé à 20 % de lutéine, la source de référence de la quasi-totalité des études cliniques. Dans la fleur, la lutéine se trouve sous forme d’esters ; l’extrait retenu apporte la lutéine sous forme libre, celle qui est mesurée dans le plasma et la rétine, sans exiger d’hydrolyse par les lipases intestinales. Les caroténoïdes sont sensibles à la lumière et à l’oxydation ; la formule les protège par sa matrice de poudre sèche et par la présence de vitamine E naturelle et d’astaxanthine, caroténoïde lui aussi.

12 mg par dose quotidienne se situe dans la fourchette des essais cliniques, qui vont de 6 à 20 mg par jour, et légèrement au-dessus des 10 mg les plus fréquemment étudiés. Associée à 2 mg de zéaxanthine, cette dose reproduit, à peu de chose près, la proportion de 5:1 des protocoles de référence. Elle représente environ dix fois l’apport alimentaire moyen en Europe, estimé entre 1 et 2 mg par jour, et reste très en deçà de la dose journalière admissible, qui autorise 70 mg pour un adulte de 70 kg.

Sécurité, doses maximales, interactions.

La lutéine est l’un des caroténoïdes les mieux caractérisés en matière de sécurité. L’EFSA a fixé en 2010 une dose journalière admissible de 1 mg par kilo de poids corporel, soit 70 mg par jour pour un adulte de 70 kg. Le seul effet rapporté à très forte dose est une coloration jaune-orangé réversible de la peau, la caroténodermie, décrite au-delà de 30 mg par jour sur des mois. Un cas isolé de cristaux maculaires a été signalé chez une personne prenant 20 mg par jour pendant huit ans, résolutif à l’arrêt.

Aucune interaction médicamenteuse notable n’est documentée. L’orlistat et les résines fixant les acides biliaires réduisent l’absorption de tous les caroténoïdes, et un apport élevé de bêta-carotène entre en compétition avec la lutéine pour l’absorption. À la différence du bêta-carotène, la lutéine n’a pas montré d’effet défavorable chez le fumeur. La formule N43, prise dans son ensemble, n’est pas destinée aux femmes enceintes ou allaitantes ni aux mineurs, faute de données sur l’association complète.

Dans l’assiette.

Les légumes-feuilles vert foncé sont de loin les meilleures sources : chou frisé (8 à 18 mg pour 100 g cru), épinards (6 à 12 mg), blettes, cresson, persil, puis brocoli, petits pois, courgette et maïs, autour de 1 à 3 mg. Le jaune d’œuf n’en contient que 0,2 à 0,3 mg, mais sa matrice lipidique en fait l’une des sources les mieux absorbées. La cuisson douce et l’ajout d’huile améliorent la biodisponibilité, qui reste faible, de 5 à 20 % selon la matrice. En France et en Europe, les apports moyens sont estimés entre 1 et 2,5 mg par jour.

Atteindre 12 mg par l’alimentation reviendrait à consommer chaque jour 100 à 150 g d’épinards crus ou l’équivalent en chou, ce que font peu de personnes de façon continue. La lutéine n’est pas un nutriment essentiel au sens réglementaire : elle n’a ni apport de référence ni carence définie, et l’EFSA la classe comme substance à but physiologique, autorisée dans les compléments. La dose N43 apporte ce que fournirait une alimentation très riche en légumes verts, sans dépendre de la saison ni des habitudes.

Idées reçues.

La lutéine protège des écrans.

Elle filtre la lumière bleue à l’intérieur de l’œil, c’est établi. Mais l’intensité d’un écran est très inférieure à celle du ciel, et aucun essai n’a démontré qu’un écran abîme la rétine. Les études montrent une meilleure tolérance à l’éblouissement, pas une protection contre les écrans.

Manger des carottes suffit.

La carotte apporte du bêta-carotène, qui ne va pas dans la macula et entre même en compétition avec la lutéine pour l’absorption. Les sources de lutéine sont les légumes verts foncés, le maïs et le jaune d’œuf, pas les légumes orange.

La lutéine agit en quelques jours.

Le plasma monte en deux à trois semaines, la rétine en trois à six mois. Les essais mesurent leurs critères à six ou douze mois. C’est un actif de temps long, sans effet perceptible immédiat.

Plus la dose est forte, plus le pigment augmente.

La réponse plafonne : 20 mg ne font guère mieux que 10 mg dans les essais comparatifs, et la génétique et l’adiposité pèsent autant que la dose. La régularité de la prise compte davantage que la quantité.

Synergies dans la formule.

La lutéine est indissociable de la Zéaxanthine (tagète), son isomère, avec laquelle elle compose le pigment maculaire selon une répartition précise : lutéine en périphérie, zéaxanthine au centre. Elle travaille avec l’Astaxanthine AstaPure®, caroténoïde à l’action antioxydante complémentaire, et avec la Vitamine E naturelle (tocophérols mixtes), qui protège les lipides membranaires de la rétine et la lutéine elle-même de l’oxydation. Le Zinc bisglycinate, très concentré dans la rétine, complète cette ligne.

Dans l’ensemble de la formule, la lutéine est le seul actif dont la cible principale est un organe précis. Elle rappelle que la longévité se joue aussi dans la finesse des perceptions, et que la rétine, tissu nerveux exposé à la lumière, mérite une attention particulière.

Pour qui c’est fait.

À celles et ceux qui passent leurs journées devant des écrans et souhaitent apporter à leur rétine ce que leur alimentation, pauvre en légumes verts, ne fournit pas toujours. Aux adultes de plus de quarante ans qui s’intéressent à la densité de leur pigment maculaire et à leur confort visuel en lumière vive. Aux profils exigeants qui distinguent une démarche nutritionnelle d’une promesse médicale.

Douze milligrammes de pigment, chaque matin, pour voir clair longtemps.

Questions fréquentes sur cet actif.

Peut-on mesurer son pigment maculaire ?

Oui. La densité optique du pigment maculaire se mesure sans contact, en quelques minutes, par photométrie hétérochromatique ou par autofluorescence, chez certains ophtalmologistes et optométristes. C’est le seul moyen objectif de savoir si un apport de lutéine a atteint sa cible, après trois à six mois.

Lutéine libre ou esters de lutéine, quelle différence ?

Dans la fleur de tagète, la lutéine est estérifiée à des acides gras. Les esters doivent être coupés par les lipases intestinales avant absorption, ce qui les rend plus dépendants du repas. La lutéine libre, retenue par N43, est la forme mesurée dans le sang et la rétine et celle de la majorité des essais cliniques.

Faut-il prendre la lutéine avec un repas gras ?

La lutéine est liposoluble : sans lipides, l’absorption chute fortement. Un petit-déjeuner comportant un peu de matière grasse, œuf, fromage, oléagineux ou huile, suffit. C’est l’une des raisons pour lesquelles N43 se prend au petit-déjeuner plutôt qu’à jeun.

La lutéine est-elle utile pour le cerveau ?

Elle y est le caroténoïde majoritaire, et des essais chez de jeunes adultes et des seniors, avec 10 mg par jour sur un an, ont rapporté des différences sur la vitesse de traitement visuel ou certaines mémoires. Ces travaux sont récents et peu nombreux ; ils suggèrent un rôle sans l’établir.

La lutéine colore-t-elle la peau ?

À des doses très supérieures à celle de N43, au-delà de 30 mg par jour pendant des mois, une teinte jaune-orangé réversible de la peau est possible, comme avec le bêta-carotène. À 12 mg, cet effet n’est pas décrit.

Pourquoi 12 mg de lutéine et seulement 2 mg de zéaxanthine ?

Ce rapport de 5:1 à 6:1 reproduit celui des protocoles de référence et, à peu près, celui de l’alimentation. La zéaxanthine, plus rare dans les aliments, se concentre au centre de la fovéa ; la lutéine, plus abondante, couvre la périphérie et se convertit en partie en méso-zéaxanthine sur place.

Références.

  1. Hammond BR, Fletcher LM, Roos F, Wittwer J, Schalch W. A double-blind, placebo-controlled study on the effects of lutein and zeaxanthin on photostress recovery, glare disability, and chromatic contrast. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2014;55:8583-8589.
  2. Stringham JM, Hammond BR. Macular pigment and visual performance under glare conditions. Optom Vis Sci. 2008;85:82-88.
  3. Nolan JM, Power R, Stringham J, et al. Enrichment of macular pigment enhances contrast sensitivity in subjects free of retinal disease: Central Retinal Enrichment Supplementation Trials – Report 1. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2016;57:3429-3439.
  4. Renzi-Hammond LM, Bovier ER, Fletcher LM, et al. Effects of a lutein and zeaxanthin intervention on cognitive function: a randomized, double-masked, placebo-controlled trial of younger healthy adults. Nutrients. 2017;9:1246.
  5. Landrum JT, Bone RA, Joa H, et al. A one year study of the macular pigment: the effect of 140 days of a lutein supplement. Exp Eye Res. 1997;65:57-62.
  6. Age-Related Eye Disease Study 2 Research Group. Lutein + zeaxanthin and omega-3 fatty acids for age-related macular degeneration: the AREDS2 randomized clinical trial. JAMA. 2013;309:2005-2015.

Cet actif est l’un des 14 composants du complexe Micronutriments essentiels dans la formule N43 Longevity — un protocole quotidien de 43 actifs pensé pour soutenir les douze leviers du vieillissement. Complément alimentaire : ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.