Vitamine C (ascorbate de calcium)

II · PROTECTION ANTIOXYDANTE

Vitamine C (ascorbate de calcium)

La vitamine que l’humain a cessé de fabriquer, sous une forme tamponnée qui respecte l’estomac.

1 000 mg par dose quotidienne  ·  dans la formule N43 Longevity

L’essence.

L’acide L-ascorbique est une vitamine hydrosoluble que la quasi-totalité des mammifères synthétisent à partir du glucose. L’humain, les grands singes et le cobaye ont perdu cette capacité il y a des dizaines de millions d’années, par mutation du gène de la gulonolactone oxydase, et dépendent entièrement de l’apport alimentaire : agrumes, kiwi, poivron, chou, persil, cassis. La vitamine C ne se stocke pas ; l’organisme en contient environ 1,5 g au total, et l’excès est éliminé par les reins en quelques heures.

Ce qui distingue la vitamine C, c’est son statut : elle est l’un des rares actifs de la formule pour lesquels le règlement européen autorise des allégations d’effet, parce que ses fonctions sont établies depuis un siècle. Elle contribue à la formation normale du collagène, au fonctionnement normal du système immunitaire et du système nerveux, à réduire la fatigue, à protéger les cellules contre le stress oxydatif et à régénérer la forme réduite de la vitamine E.

D’où il vient.

La vitamine C est la vitamine de l’expérience contrôlée. En 1747, à bord du Salisbury, le chirurgien écossais James Lind répartit douze marins scorbutiques en six paires et leur donne cidre, vitriol, vinaigre, eau de mer, une pâte d’épices ou deux oranges et un citron par jour : seuls les deux derniers guérissent. La molécule elle-même n’est isolée qu’en 1928, par le Hongrois Albert Szent-Györgyi, qui l’extrait du paprika de Szeged sous le nom d’« acide hexuronique » ; Charles Glen King l’identifie à la vitamine antiscorbutique en 1932, et Norman Haworth en établit la structure et la synthèse en 1933. Szent-Györgyi et Haworth reçoivent chacun un prix Nobel en 1937.

La synthèse industrielle suit aussitôt : le procédé mis au point par Tadeus Reichstein en 1933, à partir du glucose, fait de la vitamine C la première vitamine produite à grande échelle. Le passage au complément de longévité doit beaucoup à Linus Pauling, dont le livre de 1970 sur la vitamine C et le rhume popularise les doses de un gramme et plus ; les décennies suivantes, avec les travaux de Mark Levine aux National Institutes of Health, ramènent le débat à la pharmacocinétique.

Ce qui se passe en vous, dose après dose.

La vitamine C est cofacteur d’une famille d’enzymes, les dioxygénases à fer, dont les prolyl- et lysyl-hydroxylases qui stabilisent la triple hélice du collagène : sans ascorbate, le collagène est synthétisé mais mal replié, et les tissus conjonctifs perdent leur tenue. Elle est aussi cofacteur de la synthèse de la carnitine, de la noradrénaline et de plusieurs enzymes de déméthylation de l’ADN et des histones. Comme antioxydant, l’ascorbate cède un électron pour devenir radical ascorbyle, très peu réactif, puis déhydroascorbate, que le glutathion régénère. C’est ainsi qu’il recycle la vitamine E oxydée dans les membranes.

Avec l’âge, les concentrations plasmatiques d’ascorbate tendent à baisser, en partie parce que l’apport diminue, en partie parce que le transporteur SVCT1 est moins exprimé dans l’intestin et le rein. Le rôle de la vitamine C dans les enzymes de déméthylation TET, montré par Blaschke et al. (2013, Nature) sur des cellules souches, lui donne aussi une place dans l’entretien de l’épigénome, un champ de recherche encore jeune.

La biochimie, en détail.

L’ascorbate est absorbé dans l’intestin grêle par le transporteur SVCT1, sodium-dépendant et saturable, tandis que sa forme oxydée, le déhydroascorbate, emprunte les transporteurs du glucose GLUT1 et GLUT3 avant d’être réduite dans la cellule. Cette saturation explique la courbe établie par Levine et al. (1996, PNAS) : la biodisponibilité dépasse 80 % jusqu’à 200 mg, tombe sous 50 % à un gramme, et la concentration plasmatique plafonne autour de 70 à 80 µmol par litre. Le rein complète le dispositif : SVCT1 réabsorbe l’ascorbate filtré jusqu’à un seuil proche de ce plateau, au-delà duquel l’excédent part dans les urines en quelques heures.

La distribution est hiérarchisée. Le transporteur SVCT2 concentre l’ascorbate dans les tissus qui en ont le plus besoin, surrénales, hypophyse, cerveau, cristallin, et dans les leucocytes, où la concentration atteint dix à cent fois celle du plasma ; les neutrophiles se saturent dès 100 mg par jour. Dans les cellules, l’ascorbate sert de cosubstrat aux dioxygénases à fer et à 2-oxoglutarate, en maintenant le fer à l’état ferreux : hydroxylases du collagène, de la carnitine, de la noradrénaline, mais aussi enzymes TET et déméthylases d’histones.

Le pool corporel, environ 1,5 g à saturation, se renouvelle à un rythme de 3 % par jour environ ; en l’absence d’apport, les signes de carence apparaissent après plusieurs semaines. Pour la prise quotidienne, la conséquence est nette : une dose unique élevée sature les tissus mais son excédent est éliminé dans la journée, et c’est la régularité qui maintient le plateau.

La science, à ce jour.

La référence pharmacocinétique est Levine et al. (1996, PNAS) : chez sept jeunes hommes sains hospitalisés en état de déplétion contrôlée, les auteurs établissent que la concentration plasmatique augmente fortement jusqu’à 200 mg par jour, atteint un plateau vers 400 mg, et que la saturation des globules blancs est obtenue autour de 100 mg. Carr et Maggini (2017, Nutrients) ont réuni les données sur la vitamine C et les fonctions des neutrophiles, des lymphocytes et de la barrière épithéliale. Une allégation spécifique autorisée en Europe précise que la vitamine C contribue au maintien du fonctionnement normal du système immunitaire pendant et après un exercice physique intense, pour un apport de 200 mg par jour.

Les allégations autorisées par le règlement (UE) 432/2012 sont des contributions au fonctionnement normal, pas des promesses au-delà. La revue Cochrane de Hemilä et Chalker (2013) rappelle qu’une prise régulière d’au moins 200 mg ne réduit pas la fréquence des rhumes dans la population générale, et l’essai Physicians’ Health Study II (Sesso et al., 2008, JAMA), à 500 mg par jour pendant huit ans chez plus de 14 000 médecins, n’a montré aucun effet sur ses critères principaux. L’EFSA n’a pas fixé de limite supérieure de sécurité ; des troubles digestifs transitoires sont rapportés au-delà de 1 à 2 g par jour, surtout sous forme acide, et la France plafonne les compléments à 1 000 mg par jour.

Les études, une par une.

Levine et al., 1996, PNAS

7 hommes de 20 à 26 ans hospitalisés, déplétion puis doses croissantes de 30 à 2 500 mg par jour, mesure des concentrations plasmatiques, leucocytaires et urinaires. Plateau plasmatique atteint vers 400 mg, saturation des neutrophiles à 100 mg, biodisponibilité inférieure à 50 % à un gramme. Limite : sept sujets, jeunes et masculins.

Traxer et al., 2003, Journal of Urology

48 adultes, dont 24 ayant des antécédents de calculs, 2 g d’acide ascorbique par jour pendant six jours, mesure de l’oxalate urinaire. L’oxalaturie augmente dans les deux groupes. Résultat nuancé, qui fonde la prudence chez les personnes sujettes aux calculs d’oxalate. Limite : dose double de celle de N43, durée très courte.

Sesso et al., 2008, JAMA

14 641 médecins américains de plus de 50 ans, 500 mg de vitamine C par jour ou placebo, suivi de huit ans. Aucune différence sur les critères principaux. Résultat négatif, chez des hommes dont l’apport alimentaire était déjà proche du plateau plasmatique. Limite : population masculine, bien nourrie, dose modérée.

Hemilä et Chalker, 2013, Cochrane Database of Systematic Reviews

Revue de 29 essais, 11 306 participants, au moins 200 mg par jour en prise régulière. Pas de réduction de l’incidence des rhumes dans la population générale ; durée réduite de 8 % chez l’adulte ; incidence divisée par deux chez les personnes soumises à un effort physique extrême. Limite : hétérogénéité des essais, doses variables.

Blaschke et al., 2013, Nature

Cellules souches embryonnaires de souris en culture, ascorbate ajouté au milieu. La vitamine C active les enzymes TET et provoque une déméthylation étendue de l’ADN, rapprochant les cellules d’un état plus juvénile. Résultat mécanistique fondateur. Limite : cellules animales en culture, aucune transposition directe à la prise orale.

Pourquoi cette forme. Pourquoi 1 000 mg.

N43 retient l’ascorbate de calcium tamponné, un sel non acide de l’acide ascorbique, dont le pH en solution est proche de la neutralité. L’acide ascorbique libre est très acide, ce qui, à 1 000 mg, irrite l’estomac de nombreuses personnes et attaque l’émail dentaire ; l’ascorbate de calcium l’évite, tout en apportant environ 100 mg de calcium élément. Il est aussi plus stable à la chaleur et à l’oxydation, ce qui compte dans une poudre conditionnée pour plusieurs semaines.

Pourquoi 1 000 mg ? Les valeurs nutritionnelles de référence sont fixées à 80 mg, et la saturation plasmatique est atteinte autour de 200 à 400 mg. N43 va au-delà, jusqu’au plafond français, parce que la vitamine C de la formule a plusieurs emplois : elle sature les tissus, elle régénère la vitamine E et coopère avec le glutathion, elle stabilise l’EGCG et les polyphénols dans la prise, et elle accompagne la synthèse du collagène que les OPC et l’acide hyaluronique soutiennent par ailleurs. Une dose généreuse mais sans excès, tenable au long cours au sein d’une formule de 43 actifs.

Sécurité, doses maximales, interactions.

La vitamine C est l’une des vitamines les plus sûres, parce que l’absorption se sature et que le rein élimine l’excédent. Aux doses des essais, de 200 mg à 2 g par jour, les effets indésirables se limitent à des troubles digestifs, ballonnements, selles molles, brûlures gastriques, plus fréquents avec l’acide ascorbique libre qu’avec les sels tamponnés, et qui cèdent à la réduction de la dose. L’EFSA n’a pas jugé possible de fixer une limite supérieure, faute d’effet toxique identifié ; la France plafonne les compléments à 1 000 mg par jour.

Deux situations appellent l’avis d’un médecin. Les personnes ayant des antécédents de calculs d’oxalate de calcium, parce que l’ascorbate est en partie métabolisé en oxalate et qu’une dose de 1 à 2 g augmente l’oxalaturie. Les personnes atteintes d’hémochromatose, parce que la vitamine C favorise l’absorption du fer non héminique. N43 n’est pas destiné aux femmes enceintes ou allaitantes, ni aux mineurs.

Dans l’assiette.

Les teneurs, pour 100 g, vont de l’exceptionnel au modeste : cassis environ 200 mg, poivron rouge cru 120 à 160 mg, persil 130 mg, kiwi 90 mg, brocoli cru 90 mg, fraise 60 mg, orange 50 mg, chou 50 mg, pomme de terre 10 à 20 mg mais consommée en quantité. La chaleur, l’eau de cuisson, l’exposition à l’air et la conservation la dégradent : un légume bouilli perd le tiers ou la moitié de sa vitamine C.

L’EFSA fixe l’apport de référence à 110 mg par jour pour les hommes et 95 mg pour les femmes, plus 35 mg pour les fumeurs ; la valeur d’étiquetage est de 80 mg. Les enquêtes françaises situent l’apport moyen des adultes autour de 90 à 110 mg. L’alimentation seule atteint sans peine le plateau plasmatique, 200 à 400 mg, chez qui mange cinq portions de fruits et légumes crus par jour ; elle n’atteint jamais la dose de 1 000 mg de N43, qui relève d’un choix de formulation et non d’un besoin nutritionnel. La vitamine C est un nutriment essentiel au sens strict.

Idées reçues.

Un gramme de vitamine C par jour empêche d’attraper froid.

La revue Cochrane de 2013 est claire : une prise régulière ne réduit pas la fréquence des rhumes dans la population générale, seulement leur durée, de 8 % chez l’adulte. L’exception concerne les efforts physiques extrêmes. Ce qui est établi, c’est la contribution au fonctionnement normal du système immunitaire, pas un bouclier.

La vitamine C naturelle vaut mieux que celle de synthèse.

L’acide L-ascorbique est la même molécule, quelle que soit son origine, et les essais comparatifs réunis par Carr et Vissers ne montrent aucune différence de biodisponibilité. Ce que les fruits apportent en plus, ce sont des fibres et des polyphénols, pas une meilleure vitamine C.

La vitamine C empêche de dormir.

Aucune étude n’a montré d’effet de l’ascorbate sur la vigilance ou le sommeil ; ce n’est ni un stimulant ni un cofacteur des voies de l’éveil. Prise le matin dans N43, la question ne se pose pas.

Synergies dans la formule.

La vitamine C travaille avec la Vitamine E naturelle (tocophérols mixtes), qu’elle régénère après que celle-ci a intercepté un radical dans la membrane : c’est le couple antioxydant le plus classique de la biologie. Avec la N-acétyl-L-cystéine et la Glycine, précurseurs du glutathion qui recycle à son tour l’ascorbate, elle forme un réseau plutôt qu’une ligne de défense. Avec les OPC de pépin de raisin et le Silicium organique (extrait de bambou), elle constitue le socle de la synthèse et de la protection du collagène.

Dans le complexe Protection antioxydante, la vitamine C est la plus grande dose et la plus ancienne connaissance. Elle est le point d’appui autour duquel les polyphénols et les cofacteurs s’organisent.

Pour qui c’est fait.

À toutes celles et ceux dont l’assiette ne comporte pas chaque jour cinq portions de fruits et légumes crus, ce qui, honnêtement, est le plus grand nombre. Aux fumeurs et anciens fumeurs, dont les besoins sont accrus. Aux personnes qui ne supportaient pas la vitamine C acide et l’avaient abandonnée.

L’humain a perdu la vitamine C il y a des millions d’années. La lui rendre chaque matin, sans agresser l’estomac, est l’un des gestes les plus simples du temps long.

Questions fréquentes sur cet actif.

Ascorbate de calcium ou acide ascorbique : quelle différence ?

La même vitamine, sous deux formes. L’acide ascorbique est la molécule libre, acide, celle des comprimés effervescents ; l’ascorbate de calcium est son sel, tamponné, de pH proche de la neutralité, qui ménage l’estomac et l’émail dentaire. Les études comparatives ne montrent pas de différence d’absorption notable ; la différence est de tolérance.

Le corps absorbe-t-il vraiment 1 000 mg d’un coup ?

Pas entièrement : à cette dose, la biodisponibilité tombe sous 50 %, et l’excédent absorbé est éliminé dans les urines en quelques heures. L’intérêt d’un gramme n’est donc pas d’en retenir plus, mais de saturer durablement les tissus et de remplir les autres rôles de la vitamine C dans la formule.

La vitamine C de N43 augmente-t-elle le risque de calculs rénaux ?

À 1 g par jour, l’oxalate urinaire augmente légèrement, ce qui n’a de conséquence documentée que chez les personnes ayant déjà formé des calculs d’oxalate de calcium ; pour elles, l’avis du médecin s’impose. Chez l’adulte sans antécédent, boire suffisamment reste la précaution utile.

Faut-il fractionner la vitamine C dans la journée ?

Fractionner augmente la fraction absorbée, puisque le transporteur intestinal se sature. Dans une formule prise en une fois, la priorité est la régularité : le plateau plasmatique est maintenu par l’apport quotidien, pas par le nombre de prises. Les fruits et légumes de la journée complètent naturellement le fractionnement.

La vitamine C apporte-t-elle du calcium ?

Oui, environ 100 mg de calcium élément pour 1 000 mg d’ascorbate de calcium, soit 12 % de la référence quotidienne. C’est un apport modeste, comparable à un petit yaourt, qui s’ajoute aux 950 mg de calcium alimentaire recommandés.

Peut-on prendre la vitamine C avec du fer ou du thé ?

L’ascorbate multiplie l’absorption du fer non héminique des végétaux, ce qui est utile aux personnes qui mangent peu de viande, et neutralise en partie l’effet inhibiteur des tanins du thé. Les personnes atteintes d’hémochromatose sont dans la situation inverse et prennent l’avis de leur médecin.

Références.

  1. Levine M, Conry-Cantilena C, Wang Y, et al. Vitamin C pharmacokinetics in healthy volunteers: evidence for a recommended dietary allowance. Proceedings of the National Academy of Sciences. 1996;93:3704-3709
  2. Traxer O, Huet B, Poindexter J, Pak CYC, Pearle MS. Effect of ascorbic acid consumption on urinary stone risk factors. Journal of Urology. 2003;169:397-401
  3. Padayatty SJ, Sun H, Wang Y, et al. Vitamin C pharmacokinetics: implications for oral and intravenous use. Annals of Internal Medicine. 2004;140:533-537
  4. Sesso HD, Buring JE, Christen WG, et al. Vitamins E and C in the prevention of cardiovascular disease in men: the Physicians’ Health Study II randomized controlled trial. JAMA. 2008;300:2123-2133
  5. Hemilä H, Chalker E. Vitamin C for preventing and treating the common cold. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2013;CD000980
  6. Blaschke K, Ebata KT, Karimi MM, et al. Vitamin C induces Tet-dependent DNA demethylation and a blastocyst-like state in ES cells. Nature. 2013;500:222-226
  7. Carr AC, Vissers MCM. Synthetic or food-derived vitamin C: are they equally bioavailable? Nutrients. 2013;5:4284-4304
  8. Carr AC, Maggini S. Vitamin C and immune function. Nutrients. 2017;9:1211
  9. Lykkesfeldt J, Tveden-Nyborg P. The pharmacokinetics of vitamin C. Nutrients. 2019;11:2412

Cet actif est l’un des 9 composants du complexe Protection antioxydante dans la formule N43 Longevity — un protocole quotidien de 43 actifs pensé pour soutenir les douze leviers du vieillissement. Complément alimentaire : ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.