L’inflammaging : l’inflammation de bas grade qui accompagne l’âge

Avec les années, le sang de la plupart des adultes contient un peu plus d’interleukine-6, un peu plus de protéine C-réactive, un peu plus de signaux d’alerte, sans qu’aucune infection ne soit là pour les justifier. Les gérontologues appellent ce phénomène l’inflammaging. Ce guide explique d’où vient cette inflammation chronique et discrète, ce qu’en disent les chiffres, comment on la mesure et avec quelles limites, pourquoi elle est considérée comme un fil conducteur du vieillissement, et quels leviers alimentaires et de mode de vie sont réellement documentés, étude par étude.

Les bases

Une inflammation sans blessure ni infection.

L’inflammation est une réponse utile. Face à un microbe ou à une plaie, l’organisme mobilise des cellules immunitaires, dilate les vaisseaux, libère des messagers appelés cytokines, puis referme le chapitre quand la menace est écartée. Cette inflammation aiguë est vive, localisée et brève. L’inflammaging est tout l’inverse : faible, diffuse, persistante, elle ne répond à aucune agression identifiable et ne se résout jamais tout à fait. On la qualifie de « bas grade » parce que les marqueurs restent dans des valeurs que l’on ne considérerait pas comme pathologiques, mais durablement décalées vers le haut.

Le terme a été proposé par Claudio Franceschi et ses collègues en 2000, dans les Annals of the New York Academy of Sciences, pour désigner ce glissement progressif de l’équilibre immunitaire vers un état pro-inflammatoire. L’idée a fait son chemin : Ferrucci et Fabbri, 2018, Nature Reviews Cardiology, en font l’un des mécanismes centraux reliant le vieillissement biologique à la fragilité, et Furman et al., 2019, Nature Medicine, la placent au carrefour de la plupart des maladies liées à l’âge. Depuis, l’inflammation chronique figure explicitement parmi les douze leviers reconnus du vieillissement.

Un peu d’histoire

De Celse à Franceschi : deux mille ans pour changer de regard.

Les quatre signes cardinaux de l’inflammation, rougeur, chaleur, gonflement, douleur, ont été décrits par Celse au premier siècle de notre ère. Pendant dix-neuf siècles, l’inflammation est restée une réaction locale et visible. Le premier à l’associer au vieillissement est Élie Metchnikoff, découvreur de la phagocytose et prix Nobel 1908, qui soutient dans Essais optimistes (1907) que les toxines des bactéries intestinales activent les phagocytes et accélèrent la sénescence des tissus, et recommande le lait fermenté des paysans bulgares.

Les outils arrivent à la fin du xxᵉ siècle. En 1993, William Ershler publie dans le Journal of the American Geriatrics Society « Interleukin-6 : a cytokine for gerontologists », montrant que cette cytokine, presque indétectable chez le jeune adulte, s’élève avec l’âge. En 1997, Ridker et al., New England Journal of Medicine, établissent dans la Physicians’ Health Study qu’une CRP élevée chez des hommes apparemment sains est associée aux événements cardiovasculaires futurs. En 2000, Franceschi forge le mot inflammaging. En 2017, l’essai CANTOS montre qu’un anticorps bloquant l’interleukine-1β modifie le cours de la maladie coronarienne : l’inflammation n’était pas qu’un témoin.

Les sources

D’où vient cette inflammation qui ne s’éteint pas.

Les sources sont multiples et se renforcent mutuellement. La première est la sénescence cellulaire : des cellules qui ont cessé de se diviser mais refusent de mourir sécrètent un cocktail de cytokines, de protéases et de facteurs de croissance que Coppé et al., 2008, PLoS Biology, ont nommé phénotype sécrétoire associé à la sénescence, ou SASP. Quelques cellules sénescentes suffisent à entretenir un climat inflammatoire dans tout un tissu. La deuxième est l’accumulation de débris cellulaires, de protéines mal repliées et d’ADN mitochondrial libéré, que le système immunitaire inné reconnaît comme des signaux de danger.

La troisième source vient de l’intestin. Avec l’âge, la barrière intestinale devient plus perméable et laisse passer des fragments bactériens, notamment des lipopolysaccharides, qui activent les récepteurs de l’immunité innée. La quatrième est le tissu adipeux viscéral, véritable organe sécrétoire : Mohamed-Ali et al., 1997, Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, ont estimé qu’au repos, jusqu’à un tiers de l’IL-6 circulante provient du tissu adipeux. Enfin, l’immunosénescence, ce vieillissement du système immunitaire lui-même, rend la réponse à la fois moins efficace contre les vraies menaces et plus bruyante au repos.

Le microbiote

L’intestin, premier régulateur du climat inflammatoire.

Le lien entre inflammaging et dysbiose est l’un des mieux documentés. Dans l’étude ELDERMET, Claesson et al., 2012, Nature, ont comparé le microbiote de personnes âgées vivant chez elles, en soins de longue durée ou hospitalisées : la perte de diversité bactérienne, liée à la monotonie alimentaire, allait de pair avec des marqueurs inflammatoires plus élevés et une fragilité accrue. Chez la souris, Thevaranjan et al., 2017, Cell Host & Microbe, ont montré que transférer le microbiote d’animaux âgés à des animaux jeunes sans germes suffisait à augmenter la perméabilité intestinale et l’IL-6 circulante.

Le levier concret, ce sont les acides gras à chaîne courte, et le butyrate en particulier. Produits par la fermentation des fibres que nos enzymes ne digèrent pas, inuline, bêta-glucanes, pectines, amidons résistants, ils nourrissent les cellules de la paroi intestinale, renforcent les jonctions serrées et exercent un effet régulateur sur les cellules immunitaires locales. C’est le lien direct entre l’assiette et le climat inflammatoire, et c’est le sujet du guide consacré au microbiote intestinal et au vieillissement.

Les chiffres

IL-6, CRP, TNF-α : ordres de grandeur et lecture.

Trois molécules dominent la littérature. L’interleukine-6 est produite par les cellules immunitaires, le tissu adipeux et les muscles ; chez le jeune adulte, elle se situe le plus souvent autour de 1 pg/mL, et elle est deux à quatre fois plus élevée après 70 ans, ce qui en fait le marqueur d’inflammaging le plus étudié. La protéine C-réactive, fabriquée par le foie en réponse à l’IL-6 et dosée par méthode ultrasensible, se lit selon les seuils proposés en 2003 par l’American Heart Association : moins de 1 mg/L, faible ; 1 à 3 mg/L, intermédiaire ; plus de 3 mg/L, élevé. Le TNF-α, troisième acteur, est plus difficile à mesurer en routine mais participe aux mêmes boucles. Dans la cohorte de Harris et al., 1999, American Journal of Medicine, les personnes de plus de 65 ans dont l’IL-6 et la CRP étaient dans le quart supérieur avaient une mortalité à quatre ans plus que doublée.

Ces marqueurs sont utiles en population, beaucoup moins pour un individu isolé. Une CRP ultrasensible fluctue avec un rhume, une nuit courte ou un effort intense la veille. Le bilan utile comprend la CRP ultrasensible, éventuellement l’IL-6 et le fibrinogène, et le rapport neutrophiles sur lymphocytes, disponible sur toute numération. En recherche, l’horloge inflammatoire iAge de Sayed et al., 2021, Nature Aging, agrège des dizaines de cytokines. Les autotests de CRP au bout du doigt donnent un chiffre, pas un contexte. Le bon usage consiste à observer une tendance sur plusieurs mesures, dans un contexte stable, et à l’interpréter avec un professionnel, idéalement dans un bilan sanguin complet.

Les études, une par une

Ce que les données humaines et animales établissent réellement.

Cohortes qui relient les marqueurs au devenir des personnes, expériences animales qui testent la causalité, essais d’intervention chez l’humain, plus rares : voici les principaux, avec leurs limites.

Ridker et al., 1997, New England Journal of MedicinePhysicians’ Health Study, 543 hommes sains suivis huit ans : une CRP initiale dans le quart supérieur est associée à un risque d’infarctus environ triplé. Association prospective, hommes seulement.
Harris et al., 1999, American Journal of Medicine1 293 personnes de plus de 65 ans : IL-6 et CRP élevées sont associées, indépendamment l’une de l’autre, à la mortalité toutes causes sur quatre ans. Premières données reliant l’inflammaging au pronostic vital.
Estruch et al., 2006, Annals of Internal MedicineSous-étude de PREDIMED, 772 personnes à risque cardiovasculaire, trois mois de régime méditerranéen enrichi en huile d’olive ou en noix : CRP et IL-6 plus basses qu’avec un régime pauvre en graisses. Court terme.
Baker et al., 2011, NatureChez des souris à vieillissement accéléré, l’élimination des cellules sénescentes exprimant p16 retarde l’apparition des atteintes liées à l’âge. Preuve de concept animale du rôle du SASP.
Claesson et al., 2012, NatureELDERMET, 178 personnes âgées irlandaises : la diversité du microbiote suit le lieu de vie et la diversité alimentaire ; sa perte est corrélée à l’IL-6, à la CRP et à la fragilité. Étude d’observation.
Ridker et al., 2017, New England Journal of Medicine (CANTOS)10 061 patients coronariens avec CRP élevée, anticorps anti-IL-1β pendant 3,7 ans : moins d’événements cardiovasculaires, cholestérol inchangé. Preuve de causalité chez l’humain, avec un médicament, au prix d’infections plus fréquentes.
Xu et al., 2018, Nature MedicineDasatinib et quercétine chez des souris âgées : moins de cellules sénescentes, meilleure fonction physique, durée de vie restante prolongée. Doses pharmacologiques et intermittentes, sans équivalent nutritionnel.
McNeil et al., 2018, New England Journal of Medicine (ASPREE)19 114 personnes de plus de 70 ans en bonne santé, aspirine faible dose pendant 4,7 ans : aucun gain de survie sans incapacité, davantage d’hémorragies.

Ce que le mode de vie change

Les leviers dont l’effet sur les marqueurs est reproductible.

Les acides gras oméga-3 à longue chaîne, EPA et DHA, sont précurseurs des résolvines et des protectines, molécules qui organisent la résolution de l’inflammation, décrites par Charles Serhan dans Nature en 2014. Ils relèvent de l’assiette, avec deux portions de poisson gras par semaine, ou d’un apport séparé. Les polyphénols de l’huile d’olive, du thé, des baies et des épices modulent in vitro la voie NF-κB, chef d’orchestre de la transcription des cytokines ; chez l’humain, les essais mesurent des baisses modestes de CRP ou d’IL-6, sur des durées courtes, surtout chez des personnes présentant au départ un terrain inflammatoire. Mais les leviers les plus puissants restent ceux qui ne se vendent pas, résumés ci-dessous et détaillés dans le guide longévité et mode de vie.

Activité physiqueL’exercice régulier abaisse l’IL-6 et la CRP basales, alors qu’une séance isolée les élève transitoirement : la régularité fait la différence.
SommeilVgontzas et al., 2004, Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism : une semaine de nuits limitées à six heures suffit à élever l’IL-6 et le TNF-α chez de jeunes adultes.
AlimentationRégimes riches en végétaux, fibres, huile d’olive et poissons gras : marqueurs plus bas dans les cohortes et dans PREDIMED.
Masse grasse viscéraleSa réduction est l’un des facteurs les plus fortement liés à la baisse de la CRP chez l’adulte.
Tabac et alcoolLe tabac élève durablement la CRP ; l’effet s’estompe dans les années qui suivent l’arrêt. L’alcool au-delà de deux verres par jour augmente la perméabilité intestinale.

Idées reçues

Cinq affirmations à corriger.

Le mot « anti-inflammatoire » s’est échappé de la pharmacie pour envahir les rayons. Voici ce qu’il faut en retenir.

« L’inflammation est toujours mauvaise »Sans inflammation aiguë, pas de cicatrisation, pas de défense contre les infections, pas d’adaptation à l’exercice. Le problème n’est pas l’inflammation, c’est celle qui ne s’éteint pas.
« Ma CRP dit mon âge biologique »Une CRP isolée fluctue avec un rhume ou une nuit courte. Elle renseigne en population, très peu sur un individu à un instant donné ; seule une tendance a du sens.
« Le curcuma ou le gingembre éteignent l’inflammation »Les extraits botaniques modulent des voies in vitro et, parfois, abaissent modestement des marqueurs chez des personnes déjà inflammées. Aucun aliment n’est un anti-inflammatoire au sens médical.
« Une aspirine par jour ralentit le vieillissement »ASPREE l’a testé chez 19 114 personnes de plus de 70 ans : pas de gain de survie sans incapacité, davantage d’hémorragies.
« Les antioxydants à haute dose suppriment l’inflammation »Les grands essais de vitamine E ou de bêta-carotène à doses élevées n’ont pas montré de bénéfice, parfois l’inverse. Voir notre guide sur le stress oxydatif.

Ce qu’en disent les autorités

Ce qu’un complément peut dire, et ce qu’il ne peut pas.

En Europe, l’expression « anti-inflammatoire » appliquée à un aliment ou à un complément constitue une allégation thérapeutique, interdite par le règlement (CE) 1924/2006. L’EFSA a examiné des dizaines de dossiers de polyphénols, d’extraits de plantes ou d’acides gras revendiquant un effet sur l’inflammation et les a tous rejetés faute de preuves suffisantes chez l’humain ; seuls les polyphénols de l’huile d’olive ont obtenu une allégation, sur la protection des lipides sanguins contre l’oxydation. Les seules formulations autorisées relèvent du règlement (UE) 432/2012 et concernent des micronutriments : les vitamines C, D, B6, B12, les folates, le zinc, le sélénium et le cuivre contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire ; la vitamine C contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif. C’est le cadre dans lequel ce guide, et la formule N43, s’expriment.

Dans la formule N43

Un terrain, pas un anti-inflammatoire.

N43 n’est pas un anti-inflammatoire et ne prétend pas agir sur un quelconque marqueur. Sa logique est celle du terrain : nourrir la barrière intestinale par des fibres fermentescibles, apporter les polyphénols et les micronutriments dont les cellules immunitaires ont besoin pour fonctionner normalement, et le faire chaque jour, dans la durée. Les actifs suivants sont ceux qui, dans la formule, relèvent le plus directement de ce chapitre.

Inuline d’agave — 1 510 mgFibre prébiotique fermentée dans le côlon en acides gras à chaîne courte, dont le butyrate, nourriture des cellules de la barrière intestinale.
Bêta-glucanes d’avoine — 300 mgFibres solubles visqueuses, elles aussi fermentescibles, qui complètent l’inuline par un profil de fermentation plus lent.
Quercétine — 300 mgFlavonol de Sophora japonica, l’un des polyphénols les plus étudiés pour sa modulation de NF-κB in vitro, à dose nutritionnelle.
Trans-resvératrol — 100 mg et EGCG — 100 mgDeux polyphénols dont l’effet sur les marqueurs inflammatoires humains reste modeste et variable.
Romarin (acide rosmarinique 45 %) — 200 mg et Gingembre — 100 mgDeux extraits botaniques traditionnels ; les données humaines sur les marqueurs inflammatoires restent limitées.
Vitamine C — 1 000 mg, Vitamine D3 — 25 µg, Zinc — 10 mg, Sélénium — 70 µgCes micronutriments contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire (règlement 432/2012). La vitamine C contribue aussi à protéger les cellules contre le stress oxydatif.
Ce qui n’y est pasAucun oméga-3 : les huiles EPA et DHA ne se stabilisent pas dans une poudre sèche. Poisson gras, noix, lin, ou apport séparé.

Ce qu’on ne sait pas encore

Ce que la recherche n’a pas tranché.

La première inconnue est causale. CANTOS a montré que bloquer une cytokine change le cours d’une maladie vasculaire ; cela ne dit pas que l’inflammaging est le moteur du vieillissement dans son ensemble plutôt que son reflet. Chez la souris, éliminer les cellules sénescentes réduit les marqueurs inflammatoires et prolonge la durée de vie en bonne santé ; chez l’humain, les essais de sénolytiques sont balbutiants. La deuxième inconnue concerne les seuils : il n’existe pas de valeur d’IL-6 ou de CRP qui définisse l’inflammaging chez un individu, et les horloges inflammatoires restent des objets de recherche.

La troisième concerne les compléments. La plupart des essais sur les polyphénols sont courts, petits, financés par les fabricants ou réalisés chez des personnes présentant déjà un terrain inflammatoire ; les résultats chez des adultes en bonne santé sont bien plus minces. Enfin, l’inflammation n’est pas un ennemi : la supprimer entièrement affaiblirait la défense contre les infections et la réparation des tissus. L’objectif raisonnable n’est pas l’absence d’inflammation, mais un équilibre qui sait s’éteindre.

Références

Les sources de ce guide.

Les travaux sur lesquels repose ce guide.

Ershler, 1993, Journal of the American Geriatrics SocietyL’interleukine-6, presque indétectable chez le jeune adulte, s’élève avec l’âge : première désignation d’une cytokine du vieillissement.
Ridker et al., 1997, New England Journal of MedicineLa CRP prédit les événements cardiovasculaires chez des hommes apparemment sains.
Harris et al., 1999, American Journal of MedicineIL-6 et CRP élevées associées à la mortalité sur quatre ans chez les plus de 65 ans.
Franceschi et al., 2000, Annals of the New York Academy of SciencesNaissance du concept d’inflammaging, lu comme le prix évolutif d’une immunité innée restée active toute la vie.
Estruch et al., 2006, Annals of Internal MedicineTrois mois de régime méditerranéen abaissent CRP et IL-6 chez des personnes à risque cardiovasculaire.
Coppé et al., 2008, PLoS BiologyDescription du phénotype sécrétoire associé à la sénescence, source cellulaire de l’inflammaging.
Baker et al., 2011, NatureL’élimination des cellules sénescentes p16 retarde les atteintes liées à l’âge chez la souris.
Claesson et al., 2012, NatureELDERMET : diversité du microbiote, alimentation, inflammation et fragilité chez les personnes âgées.
Ridker et al., 2017, New England Journal of Medicine (CANTOS)Bloquer l’IL-1β réduit les événements cardiovasculaires : preuve humaine du rôle causal de l’inflammation.
Sayed et al., 2021, Nature AgingiAge, horloge inflammatoire construite par apprentissage automatique sur le profil cytokinique de mille personnes.

Questions fréquentes

Ce que l’on nous demande.

Qu’est-ce que l’inflammaging exactement ?

C’est la contraction d’inflammation et d’aging, vieillissement. Le terme désigne l’élévation lente et persistante des marqueurs inflammatoires comme l’IL-6 et la CRP au fil de l’âge, sans infection ni blessure. Proposé par Franceschi en 2000, il est aujourd’hui considéré comme l’un des mécanismes qui relient le vieillissement biologique à la perte de fonction.

Comment mesurer son inflammation de bas grade ?

La CRP ultrasensible est le dosage le plus accessible, l’IL-6 est plus spécifique mais moins courante. Une valeur isolée est peu informative car elle fluctue avec le sommeil, l’effort, une infection banale. Seule une tendance sur plusieurs mesures, interprétée par un professionnel, a du sens. Aucun test ne mesure directement l’inflammaging.

Quelle est une CRP normale ?

Selon les seuils de l’American Heart Association, une CRP ultrasensible inférieure à 1 mg/L correspond à un terrain inflammatoire faible, entre 1 et 3 mg/L intermédiaire, au-dessus de 3 mg/L élevé. Au-delà de 10 mg/L, on cherche une cause aiguë, infection ou blessure, avant toute interprétation. La valeur monte modérément avec l’âge et la masse grasse.

Quels aliments sont associés à moins d’inflammation ?

Dans les grandes cohortes, les régimes riches en légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, huile d’olive et poissons gras sont associés à des marqueurs plus bas. Les fibres nourrissent le microbiote producteur de butyrate, les polyphénols modulent certaines voies, les oméga-3 participent à la résolution de l’inflammation. C’est le schéma global qui compte, pas un aliment isolé.

N43 contient-il des oméga-3 ?

Non. Les huiles EPA et DHA ne se conservent pas dans une poudre sèche sans oxydation. N43 mise sur les fibres prébiotiques, les polyphénols et les micronutriments qui contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire. Les oméga-3 relèvent de l’alimentation, deux portions de poisson gras par semaine, ou d’un complément séparé si vous le souhaitez.

Les polyphénols réduisent-ils l’inflammation ?

In vitro, oui, de façon très nette. Chez l’humain, les essais montrent des baisses modestes et variables de CRP ou d’IL-6, surtout chez des personnes présentant déjà un terrain inflammatoire. Chez l’adulte en bonne santé, l’effet est difficile à démontrer. On peut parler de contribution à un terrain, pas d’un effet anti-inflammatoire garanti.

Le sport augmente-t-il ou diminue-t-il l’inflammation ?

Les deux, selon l’échelle de temps. Une séance intense élève transitoirement l’IL-6 libérée par le muscle, qui déclenche ensuite des signaux anti-inflammatoires. À long terme, les personnes actives ont une CRP et une IL-6 basales plus basses que les sédentaires, en partie parce qu’elles ont moins de graisse viscérale.

Pour aller plus loin

Lire ensuite.

Sénescence cellulaire et sénolytiquesSénescence cellulaire et sénolytiques : ce que dit vraiment la recherche
Microbiote intestinal et vieillissementMicrobiote intestinal et vieillissement
Oméga-3 et longévitéOméga-3 EPA/DHA et vieillissement : index oméga-3, études VITAL, ASPREE et les autres
Tous les guidesComprendre la longévité, guide après guide — et les 43 actifs qui composent N43.

Ces guides ont une visée pédagogique et ne remplacent pas un avis médical. N43 Longevity est un complément alimentaire : il ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Tenir hors de portée des enfants. Ne pas dépasser la dose journalière recommandée.