OPC de pépin de raisin

II · PROTECTION ANTIOXYDANTE

OPC de pépin de raisin

Les proanthocyanidines du pépin, affinité pour le collagène et les parois, tradition française.

150 mg par dose quotidienne  ·  dans la formule N43 Longevity

L’essence.

Les oligomères proanthocyanidiques, ou OPC, sont des polyphénols formés par l’assemblage de deux à cinq unités de catéchine ou d’épicatéchine. Le pépin de raisin en est la source la plus concentrée, avec 5 à 8 % de son poids sec, et l’une des plus riches en oligomères courts. Leur histoire est française : c’est Jack Masquelier, à Bordeaux, qui les a isolés en 1947 et qui a passé quarante ans à en décrire la chimie.

Ce qui distingue les OPC des autres polyphénols du complexe, c’est leur affinité pour les protéines structurales. Les oligomères courts se lient au collagène et à l’élastine par liaisons hydrogène et interactions hydrophobes, et en ralentissent la dégradation enzymatique in vitro. Les polymères longs, eux, ne sont pas absorbés tels quels : le microbiote les fragmente en petits acides phénoliques qui passent dans le sang. C’est pourquoi le degré de polymérisation d’un extrait compte autant que son titre.

D’où il vient.

L’histoire des OPC commence en 1947 à la faculté de médecine de Bordeaux. Jack Masquelier, jeune doctorant, cherche à savoir si la pellicule rouge de l’arachide, sous-produit d’huilerie, est comestible pour le bétail. Il en isole une fraction incolore, non toxique, qui renforce la résistance des capillaires chez l’animal, et la baptise « oligomères proanthocyanidiques ». Il en retrouve ensuite dans l’écorce du pin maritime des Landes, puis dans le pépin de raisin. Masquelier dépose des brevets d’extraction en France dès 1969, puis aux États-Unis en 1987, et l’extrait de pépin entre dès les années 1970 dans des médicaments veinotoniques français.

Le passage au complément alimentaire s’opère dans les années 1990, lorsque le « paradoxe français » attire l’attention du public anglophone sur les polyphénols du vin rouge. Les fabricants d’extraits industrialisent l’extraction hydroalcoolique des pépins et la standardisation par la méthode de Bate-Smith. Un débat naît alors entre l’extrait de pin, commercialisé sous le nom de Pycnogenol®, et l’extrait de pépin, plus riche en oligomères courts et moins coûteux.

Ce qui se passe en vous, dose après dose.

Les OPC agissent d’abord comme donneurs d’électrons : Bagchi et al. (2000, Toxicology) ont mesuré in vitro et chez l’animal une capacité de piégeage des radicaux hydroxyles et superoxydes supérieure à celle des vitamines C et E, à concentration égale. Les OPC chélatent aussi le fer et le cuivre libres, catalyseurs de la réaction de Fenton. Ils inhibent enfin, dans les modèles cellulaires, plusieurs enzymes qui dégradent la matrice extracellulaire — collagénases, élastase, hyaluronidase —, en se fixant sur leur substrat, qu’ils rendent moins accessible.

Avec l’âge, la matrice extracellulaire perd en densité et en organisation : le collagène est glyqué et réticulé de manière anarchique, l’élastine se fragmente, les fibroblastes produisent moins et dégradent davantage. Cette dégradation est visible à la peau et se joue, invisible, dans les parois des vaisseaux, les tendons, les cartilages. Une molécule qui se fixe au collagène et le protège s’adresse à ce terrain structurel, en complément des actifs qui en soutiennent la synthèse.

LEVIERS DU VIEILLISSEMENT CONCERNÉS

Inflammation chronique  ·  Communication intercellulaire altérée

La biochimie, en détail.

Chimiquement, les proanthocyanidines sont des flavan-3-ols condensés. Le motif de base, catéchine ou épicatéchine, porte un noyau catéchol sur son cycle B ; les unités s’enchaînent par des liaisons C4-C8 ou C4-C6, parfois doublées d’un pont éther dans les formes dites de type A. Un extrait de pépin de raisin contient des monomères, des dimères comme les procyanidines B1 et B2, des trimères et des polymères dont le degré de polymérisation dépasse dix. L’absorption suit une règle simple : plus la molécule est petite, plus elle passe. Sano et al. (2003, Bioscience, Biotechnology, and Biochemistry) ont détecté la procyanidine B1 intacte dans le sérum humain, avec un pic vers deux heures.

Au-delà du trimère, les polymères ne sont pas absorbés intacts. Déprez et al. (2000, Journal of Nutrition) ont montré que le microbiote colique les catabolise en acides phénoliques de petite taille — acides phénylvalériques, valérolactones — qui apparaissent dans le plasma six à dix heures après la prise et sont éliminés dans l’urine sous forme de glucuronides et de sulfates. Pour la prise quotidienne, cela implique deux choses : il n’y a pas d’accumulation, ce qui plaide pour un apport régulier ; et une part de l’activité dépend du microbiote de chacun, ce qui explique l’hétérogénéité des réponses.

La science, à ce jour.

Le corpus humain sur l’extrait de pépin de raisin est réel mais dispersé. Feringa et al. (2011, Journal of the American Dietetic Association) ont réuni neuf essais randomisés, soit 390 participants, et observent une baisse modeste de la pression artérielle systolique et de la fréquence cardiaque par rapport au placebo, à des doses de 150 à 2 000 mg par jour, sans effet sur les lipides ni sur la protéine C-réactive ; les auteurs soulignent la petite taille et l’hétérogénéité des études. Plusieurs essais courts rapportent, chez des adultes sains ou des fumeurs, une baisse de marqueurs de peroxydation lipidique après 100 à 400 mg par jour.

Aucune allégation de santé n’est autorisée en Europe pour les OPC de pépin de raisin : l’EFSA a examiné des dossiers relatifs à la circulation veineuse et à la protection contre le stress oxydatif et a conclu que la relation de cause à effet n’était pas établie. Ce que l’on ne sait pas encore : quelle part de l’activité revient aux oligomères absorbés intacts et quelle part aux métabolites du microbiote, et si les marqueurs qui bougent en quelques semaines se traduisent, sur des années, par une différence tangible. Aucun essai n’a suivi un extrait de pépin de raisin au-delà d’un an.

Les études, une par une.

Feringa et al., 2011, Journal of the American Dietetic Association

Méta-analyse de neuf essais randomisés, 390 adultes sains ou porteurs de facteurs de risque, 150 à 2 000 mg d’extrait par jour pendant deux à huit semaines. Résultat : baisse modeste de la pression systolique et de la fréquence cardiaque, sans effet sur les lipides ni la CRP. Limite : essais courts, petits et hétérogènes.

Sivaprakasapillai et al., 2009, Metabolism

Essai randomisé chez 27 adultes présentant un syndrome métabolique, placebo, 150 ou 300 mg d’extrait par jour pendant quatre semaines. Résultat : les deux doses sont associées à une baisse de la pression artérielle, sans différence nette entre elles. Limite : effectif très réduit, durée d’un mois.

Kar et al., 2009, Diabetic Medicine

Essai croisé en double aveugle chez 32 adultes diabétiques de type 2 à risque cardiovasculaire élevé, 600 mg d’extrait ou placebo pendant quatre semaines. Résultat : baisse de la CRP ultrasensible et du glutathion oxydé, sans modification de la glycémie ni de la fonction endothéliale. Limite : durée courte, critères multiples.

Vigna et al., 2003, Metabolism

Essai randomisé contrôlé chez 24 fumeurs adultes en bonne santé, 75 mg d’extrait standardisé deux fois par jour ou placebo pendant quatre semaines. Résultat : les LDL des participants supplémentés résistent davantage à l’oxydation ex vivo, sans changement du profil lipidique. Limite : effectif réduit, marqueur intermédiaire.

Ward et al., 2005, Journal of Hypertension

Essai randomisé chez 69 adultes hypertendus traités, six semaines de vitamine C (1 000 mg), de polyphénols de pépin de raisin (1 000 mg), des deux, ou d’un placebo. Résultat nuancé : ni l’un ni l’autre seul ne modifie la pression, mais la combinaison l’élève de quelques millimètres de mercure. Limite : dose d’extrait très élevée, résultat non répliqué.

Pourquoi cette forme. Pourquoi 150 mg.

N43 retient un extrait de pépin de raisin (Vitis vinifera) standardisé à 95 % de proanthocyanidines, obtenu par extraction hydroalcoolique puis purification sur résine, avec un profil riche en oligomères courts — dimères à tétramères —, les mieux absorbés. Le titre est mesuré par la méthode de Bate-Smith et complété par une analyse chromatographique du degré de polymérisation ; l’absence de résidus de pesticides, de solvants et de métaux lourds est contrôlée à chaque lot. L’extrait est une poudre rouge-brun, astringente, dont le tanin se fond dans la note cassis de la formule.

Pourquoi 150 mg ? Les essais humains ont utilisé de 100 à 400 mg d’extrait par jour pour la plupart, jusqu’à 2 g pour quelques-uns ; l’essai de Sivaprakasapillai n’a pas trouvé 150 mg moins actifs que 300 mg. À 150 mg, N43 se situe dans la fourchette basse des études, pour une prise quotidienne au long cours au sein d’une formule de 43 actifs. C’est une dose d’entretien, à peu près équivalente, en proanthocyanidines, à un verre de vin rouge tannique, sans l’alcool.

Sécurité, doses maximales, interactions.

L’extrait de pépin de raisin est bien toléré aux doses étudiées. Les essais cliniques, jusqu’à 2 000 mg par jour pendant plusieurs semaines et 400 mg pendant trois mois, ne rapportent pas d’effet indésirable plus fréquent que sous placebo ; les rares signalements concernent des troubles digestifs légers, des maux de tête ou une sécheresse de la bouche liée à l’astringence. Aucune limite supérieure officielle n’a été fixée en Europe ; en France, le pépin de raisin figure dans la liste des plantes autorisées de l’arrêté du 24 juin 2014, sans restriction de dose.

Les interactions documentées sont peu nombreuses et surtout théoriques. Les proanthocyanidines inhibent in vitro l’agrégation plaquettaire, ce qui justifie une prudence de principe chez les personnes sous anticoagulant ou antiagrégant, sans qu’aucun cas clinique ne soit rapporté aux doses nutritionnelles. L’essai de Ward et al. (2005) invite à ne pas associer de très fortes doses d’extrait à de fortes doses de vitamine C chez des hypertendus traités : les 150 mg de N43 sont sept fois inférieurs à la dose en cause. La formule N43 n’est pas destinée aux femmes enceintes ou allaitantes ni aux mineurs, faute de données sur l’association complète.

Dans l’assiette.

Les proanthocyanidines sont parmi les polyphénols les plus abondants de l’alimentation. Gu et al. (2004, Journal of Nutrition) en ont dressé la carte : le cacao et le chocolat noir en contiennent de 1 à 2 g pour 100 g, la canneberge et la myrtille de 300 à 400 mg, la pomme avec sa peau autour de 100 mg, le vin rouge de 30 à 60 mg par verre, les noix et les noisettes de 100 à 500 mg. Les auteurs estimaient l’apport moyen américain autour de 58 mg par jour, dont plus de la moitié sous forme de polymères non absorbables.

L’alimentation peut donc atteindre, en proanthocyanidines totales, la dose de 150 mg de N43, mais pas avec le même profil : les oligomères courts y sont minoritaires, noyés dans des polymères longs dont l’action se limite au côlon. L’extrait standardisé concentre précisément la fraction dimère à tétramère que l’assiette dilue. Les OPC ne sont pas un nutriment essentiel : aucune carence n’existe, aucun apport de référence n’est défini. Le pépin de raisin est un ingrédient alimentaire traditionnel en Europe, non un nouvel aliment.

Idées reçues.

Les OPC sont « 50 fois plus puissants que la vitamine E ».

Ce chiffre vient de mesures in vitro de piégeage de radicaux à concentration égale. Il ne dit rien de l’organisme, où les OPC sont peu absorbés et éliminés en quelques heures, tandis que la vitamine E s’accumule dans les membranes.

Les OPC ne sont pas absorbés, donc ils ne servent à rien.

Les polymères longs ne passent pas intacts, c’est exact. Mais les dimères et trimères sont absorbés, en faible quantité, et les polymères sont transformés par le microbiote en acides phénoliques qui circulent pendant des heures. Une part de l’activité passe par ces métabolites.

OPC et resvératrol, c’est la même chose.

Les deux viennent du raisin, mais le resvératrol est un stilbène de la peau, produit par la vigne en réponse aux agressions fongiques, tandis que les OPC sont des flavanols condensés du pépin. Chimie, cible et pharmacocinétique diffèrent. N43 les apporte séparément, chacun à sa dose.

Synergies dans la formule.

Les OPC travaillent avec la Vitamine C (ascorbate de calcium tamponné), qui contribue à la formation normale du collagène : l’une soutient la synthèse, les autres ralentissent la dégradation, et la vitamine C régénère les catéchols oxydés. Avec l’Acide hyaluronique bas poids moléculaire, le Silicium organique (extrait de bambou) et la Glycine, ils composent le volet « matrice » de la formule. Avec le Trans-resvératrol, autre polyphénol du raisin, on retrouve dans la cuillère ce que la grappe entière propose.

Dans le complexe Protection antioxydante, les OPC sont le polyphénol de la structure : là où la N-acétyl-L-cystéine protège l’intérieur de la cellule, ils protègent ce qui la tient en place.

Pour qui c’est fait.

Aux adultes de 40 ans et plus qui voient la peau perdre en densité et savent que ce qui se voit dehors se joue aussi dedans. Aux personnes debout toute la journée, aux voyageurs de longs courriers, à celles et ceux qui ont de la circulation veineuse dans leur histoire familiale et veulent soutenir leurs parois par la nutrition. Aux amateurs de vin qui aimeraient garder le tanin sans le reste.

Un tissu conjonctif se construit sur des décennies et se dégrade lentement. Le protéger relève du rituel, pas de la cure.

Questions fréquentes sur cet actif.

OPC de pépin de raisin ou Pycnogenol®, lequel choisir ?

Les deux contiennent des proanthocyanidines voisines. Le Pycnogenol® est un extrait breveté d’écorce de pin maritime, plus riche en polymères longs ; le pépin de raisin est plus concentré en oligomères courts, la fraction absorbable. N43 retient le pépin pour sa concentration, son origine européenne et son coût.

Que signifie « 95 % d’OPC » sur une étiquette ?

Le plus souvent, un titre en proanthocyanidines totales mesuré par la méthode de Bate-Smith, qui compte les polymères longs aussi bien que les oligomères courts. Un extrait à 95 % peut donc être excellent ou médiocre selon son degré de polymérisation. Le critère utile est la part d’oligomères de deux à quatre unités, mesurée par chromatographie.

Peut-on prendre les OPC avec de la vitamine C ?

Oui, et la formule N43 le fait. Un essai de 2005 chez des hypertendus traités a rapporté une élévation de la pression avec 1 000 mg de polyphénols de pépin de raisin associés à 1 000 mg de vitamine C, résultat jamais répliqué et obtenu avec une dose d’extrait sept fois supérieure à celle de N43. Les personnes hypertendues traitées en parlent à leur médecin.

Les OPC sont-ils compatibles avec un anticoagulant ?

Aucune interaction clinique n’a été rapportée aux doses nutritionnelles. Les proanthocyanidines réduisent toutefois l’agrégation plaquettaire en laboratoire, comme la plupart des polyphénols concentrés, ce qui justifie d’en informer le médecin qui suit le traitement, en particulier avant une intervention chirurgicale.

Combien de temps avant de mesurer quelque chose ?

Les marqueurs biologiques étudiés, capacité antioxydante plasmatique ou LDL oxydées, bougent en quatre à douze semaines dans les essais. Sur la peau ou les vaisseaux, aucun essai n’a suivi un extrait de pépin de raisin assez longtemps pour le dire. L’actif est conçu pour un apport régulier au long cours, sans effet perceptible à court terme.

Les OPC colorent-ils ou parfument-ils la formule ?

Marginalement. L’extrait est rouge-brun et légèrement astringent, mais 150 mg dans 15 g de poudre restent discrets ; la couleur de N43 vient surtout de l’extrait de betterave.

Références.

  1. Bagchi D, Bagchi M, Stohs SJ, et al. Free radicals and grape seed proanthocyanidin extract: importance in human health and disease prevention. Toxicology. 2000;148:187-197.
  2. Feringa HH, Laskey DA, Dickson JE, Coleman CI. The effect of grape seed extract on cardiovascular risk markers: a meta-analysis of randomized controlled trials. J Am Diet Assoc. 2011;111:1173-1181.
  3. Sivaprakasapillai B, Edirisinghe I, Randolph J, Steinberg F, Kappagoda T. Effect of grape seed extract on blood pressure in subjects with the metabolic syndrome. Metabolism. 2009;58:1743-1746.
  4. Kar P, Laight D, Rooprai HK, Shaw KM, Cummings M. Effects of grape seed extract in Type 2 diabetic subjects at high cardiovascular risk. Diabet Med. 2009;26:526-531.
  5. Vigna GB, Costantini F, Aldini G, et al. Effect of a standardized grape seed extract on low-density lipoprotein susceptibility to oxidation in heavy smokers. Metabolism. 2003;52:1250-1257.
  6. Ward NC, Hodgson JM, Croft KD, et al. The combination of vitamin C and grape-seed polyphenols increases blood pressure. J Hypertens. 2005;23:427-434.
  7. Sano A, Yamakoshi J, Tokutake S, et al. Procyanidin B1 is detected in human serum after intake of proanthocyanidin-rich grape seed extract. Biosci Biotechnol Biochem. 2003;67:1140-1143.
  8. Déprez S, Brezillon C, Rabot S, et al. Polymeric proanthocyanidins are catabolized by human colonic microflora into low-molecular-weight phenolic acids. J Nutr. 2000;130:2733-2738.
  9. Gu L, Kelm MA, Hammerstone JF, et al. Concentrations of proanthocyanidins in common foods and estimations of normal consumption. J Nutr. 2004;134:613-617.

Cet actif est l’un des 9 composants du complexe Protection antioxydante dans la formule N43 Longevity — un protocole quotidien de 43 actifs pensé pour soutenir les douze leviers du vieillissement. Complément alimentaire : ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.