Comprendre
Sommaire Un tissu qui se reconstruit en permanence · Du rachitisme à l’ostéocalcine · Le duo D3-K2 : faire entrer, puis diriger · Insuffisance en vitamine D, apports en K2 : où en est-on · Densité, marqueurs, ostéocalcine · Ce que les essais ont réellement mesuré · Les allégations autorisées, et leurs conditions · Trois affirmations à corriger · 25 µg de D3, 120 µg de K2 MK-7, et le calcium dans l’assiette · Les limites, dites franchement · Les sources de ce guide · Questions fréquentes
Les bases
Un tissu qui se reconstruit en permanence.
L’os adulte n’est pas figé : environ 10 % du squelette est renouvelé chaque année par un cycle de remodelage. Les ostéoclastes creusent une cavité microscopique, les ostéoblastes la comblent d’une trame de collagène, l’ostéoïde, qui se minéralise ensuite en cristaux d’hydroxyapatite de calcium et de phosphate. Ce cycle dure quelques mois et se répète en millions de points à la fois. Tant que démolition et reconstruction s’équilibrent, la masse osseuse se maintient. La masse osseuse maximale est atteinte vers 25 à 30 ans ; elle décline ensuite lentement, puis rapidement chez la femme dans les années qui entourent la ménopause, et de nouveau chez les deux sexes après 70 ans.
La solidité de l’os tient à deux composantes : la quantité de minéral, que mesure la densité osseuse, et la qualité de la trame collagénique et de la microarchitecture, que la densité ne voit pas. Un os peut être dense et cassant si son collagène est altéré par la glycation. Le calcium et le phosphate sont la matière ; la vitamine D règle leur absorption ; la vitamine K active les protéines qui lient le calcium à la trame ; le magnésium, le zinc, le manganèse, le cuivre et la vitamine C sont les cofacteurs des enzymes qui fabriquent le collagène et le minéral. L’os est le tissu où la notion d’architecture nutritionnelle prend son sens le plus littéral.
Un peu d’histoire
Du rachitisme à l’ostéocalcine.
La vitamine D a été isolée dans les années 1920, après que l’huile de foie de morue et la lumière ultraviolette se furent révélées capables de guérir le rachitisme. On a compris plus tard qu’il s’agissait d’une prohormone : synthétisée dans la peau sous l’effet des UVB, elle est transformée dans le foie en 25-hydroxyvitamine D, la forme que l’on dose, puis dans le rein en 1,25-dihydroxyvitamine D, l’hormone active qui commande l’absorption du calcium. La vitamine K a été découverte par Henrik Dam dans les années 1930 comme facteur de la coagulation, ce qui lui valut le prix Nobel en 1943 ; son rôle osseux n’a été soupçonné que quarante ans plus tard.
Le tournant est la découverte de l’ostéocalcine, en 1975 et 1976, par les équipes de Peter Hauschka et de Paul Price. Cette petite protéine, la plus abondante de l’os après le collagène, est sécrétée par les ostéoblastes et porte trois résidus d’acide gamma-carboxyglutamique, ou Gla, qui lui permettent de se fixer au calcium de l’hydroxyapatite. Or cette carboxylation exige la vitamine K comme cofacteur. Sans elle, l’ostéocalcine reste sous-carboxylée, incapable de lier le minéral. La même chimie active la protéine Gla de la matrice, ou MGP, qui empêche le calcium de se déposer dans les parois artérielles. Vitamine D et vitamine K se sont ainsi retrouvées, par la biochimie, aux deux bouts d’un même trajet du calcium.
Le mécanisme
Le duo D3-K2 : faire entrer, puis diriger.
La vitamine D3 agit en amont. Sa forme active se lie à un récepteur nucléaire dans l’intestin et augmente la synthèse des transporteurs qui font passer le calcium de la lumière intestinale vers le sang ; sans vitamine D, seuls 10 à 15 % du calcium alimentaire sont absorbés, contre 30 à 40 % avec des taux corrects. Elle stimule aussi, dans les ostéoblastes, la production d’ostéocalcine elle-même. Elle assure ainsi que le calcium est disponible, et que la protéine chargée de le fixer est fabriquée. Mais elle ne carboxyle pas cette protéine.
C’est le rôle de la vitamine K2. Il en existe plusieurs formes : la K1, ou phylloquinone, des légumes verts, captée surtout par le foie pour la coagulation ; les K2, ou ménaquinones, dont la MK-4 des produits animaux et la MK-7 issue de la fermentation, celle du natto japonais. Schurgers et al., 2007, dans Blood, ont montré que la MK-7 a une demi-vie plasmatique d’environ trois jours, contre une à deux heures pour la K1, et atteint donc l’os et les vaisseaux à des doses bien plus faibles. Elle y carboxyle l’ostéocalcine et la MGP. Le taux d’ostéocalcine non carboxylée dans le sang est aujourd’hui le marqueur le plus sensible du statut en vitamine K des tissus, et il est élevé chez une large part des adultes occidentaux.
Les chiffres
Insuffisance en vitamine D, apports en K2 : où en est-on.
Le statut en vitamine D se mesure par la 25-hydroxyvitamine D sérique. Les seuils font débat, mais un consensus large situe la carence sous 30 nmol/L, soit 12 ng/mL, et l’insuffisance sous 50 nmol/L ; beaucoup d’experts de l’os visent 75 nmol/L. L’étude nationale nutrition santé de 2006-2007 a mesuré ce taux chez des adultes français : environ 80 % étaient sous 75 nmol/L et plus de 40 % sous 50 nmol/L, avec un creux hivernal marqué. La peau synthétise moins de vitamine D avec l’âge, et la latitude de la France ne permet pas de synthèse efficace de novembre à mars. L’alimentation en apporte peu : poissons gras, jaune d’œuf, produits enrichis.
Les apports en vitamine K2 sont plus difficiles à chiffrer, faute de tables complètes. La cohorte de Rotterdam, dans Geleijnse et al., 2004, dans le Journal of Nutrition, a estimé les apports en ménaquinones à environ 20 à 30 µg par jour, surtout via le fromage, et a rapporté qu’un apport plus élevé était associé à moins de calcifications aortiques et à une mortalité coronarienne plus faible, ce qui n’était pas le cas pour la K1. Au Japon, le natto apporte plusieurs centaines de microgrammes de MK-7 par portion. Ce sont des associations, mais elles ont motivé les essais d’intervention. Pour le calcium, l’ANSES et l’EFSA retiennent 950 mg par jour pour l’adulte ; une part importante des femmes de plus de 50 ans reste en dessous.
Comment le mesurer
Densité, marqueurs, ostéocalcine.
L’examen de référence est l’ostéodensitométrie par absorptiométrie biphotonique, ou DXA, qui mesure la densité minérale au rachis lombaire et au col fémoral et l’exprime en T-score, écart par rapport à l’adulte jeune : -2,5 ou moins définit l’ostéoporose, entre -1 et -2,5 l’ostéopénie. Sa limite est de ne voir que le minéral, pas la qualité du collagène ni la microarchitecture. Les marqueurs sanguins complètent l’image : le CTX reflète la résorption, le P1NP la formation ; la 25-hydroxyvitamine D, dosée de préférence en hiver, renseigne sur le statut en vitamine D ; l’ostéocalcine non carboxylée, disponible dans les laboratoires spécialisés, est le marqueur fonctionnel du statut en vitamine K et diminue en quelques semaines sous MK-7. Nous en discutons dans le guide sur le bilan sanguin.
Les études, une par une
Ce que les essais ont réellement mesuré.
La vitamine D est l’un des nutriments les plus testés au monde, avec des résultats qui dépendent du statut de départ. La MK-7 a une littérature plus mince, mais un essai de trois ans qui fait référence.
Ce qu’en disent les autorités
Les allégations autorisées, et leurs conditions.
Le règlement (UE) 432/2012 fixe la liste des allégations de santé autorisées, les seules formulations d’effet que ce guide s’autorise. Pour la vitamine D : elle contribue à l’absorption et à l’utilisation normales du calcium et du phosphore, à une calcémie normale, au maintien d’une ossature normale, d’une dentition normale, d’une fonction musculaire normale et au fonctionnement normal du système immunitaire. Pour la vitamine K : elle contribue à une coagulation sanguine normale et au maintien d’une ossature normale, sans distinction entre K1 et K2. Pour le calcium, le magnésium, le zinc, le manganèse : contribution au maintien d’une ossature normale. Pour la vitamine C : formation normale de collagène pour assurer la fonction normale des os.
Une allégation de réduction de risque, plus rare, a été autorisée par le règlement (UE) 2017/676 : la vitamine D contribue à réduire le risque de chute associé à l’instabilité posturale et à la faiblesse musculaire, les chutes étant un facteur de risque de fractures chez les personnes de 60 ans et plus, à condition d’un apport quotidien de 20 µg toutes sources confondues. L’EFSA fixe par ailleurs la limite supérieure de sécurité de la vitamine D à 100 µg par jour pour l’adulte et n’en a pas fixé pour la vitamine K, faute de toxicité connue. Elle a rejeté les allégations demandées sur la vitamine K2 et la santé cardiovasculaire, jugeant les preuves insuffisantes.
Idées reçues
Trois affirmations à corriger.
L’os est un terrain où les certitudes commerciales dépassent souvent les données.
Dans la formule N43
25 µg de D3, 120 µg de K2 MK-7, et le calcium dans l’assiette.
N43 apporte chaque jour le duo à des doses réfléchies. La vitamine D3 à 25 µg, soit 1 000 UI, dépasse le seuil de 20 µg de l’allégation sur les chutes et se situe dans la zone où les analyses groupées observent un effet, très en deçà de la limite de sécurité de 100 µg ; elle vise à maintenir un taux correct sur l’année, pas à corriger une carence profonde, qui relève d’un dosage et d’un avis médical. La vitamine K2 MK-7 à 120 µg, sous forme MenaQ7® obtenue par fermentation, est proche des 180 µg de l’essai de Knapen. Le calcium n’est pas dans la formule, à dessein : 950 mg ne tiennent pas dans 15 g de poudre, et l’aliment reste la source recommandée.
Ce qu’on ne sait pas encore
Les limites, dites franchement.
L’essai de Knapen est le seul essai de trois ans sur la MK-7 et l’os, et il mesure la densité, pas les fractures ; les essais japonais plus anciens sur la MK-4 utilisaient 45 mg par jour, une dose pharmacologique sans rapport avec 120 µg. On ignore si l’effet observé chez des femmes ménopausées s’étend aux hommes, et si la baisse de l’ostéocalcine non carboxylée, réelle et rapide, se traduit toujours par un os plus solide. Le lien entre K2 et calcifications artérielles repose sur des cohortes et des critères intermédiaires ; les essais d’intervention en cours n’ont pas encore donné de réponse tranchée.
Pour la vitamine D, le paradoxe est bien décrit : les carences sont fréquentes et leur correction utile, mais les grands essais chez des personnes non carencées sont neutres sur les fractures. La supplémentation modérée de N43 est un entretien, non une intervention ; elle ne dispense pas de mesurer son taux en hiver. Enfin, la synergie du duo D3-K2, biochimiquement évidente, n’a jamais été testée comme telle dans un essai comparant le duo à chacun des deux seuls sur des critères durs. Nous la présentons pour ce qu’elle est : une architecture cohérente avec la physiologie du calcium, dont la preuve clinique définitive reste à écrire.
Références
Les sources de ce guide.
Les sources sur lesquelles repose ce guide, citées avec leur portée réelle.
Questions fréquentes
Ce que l’on nous demande.
Pourquoi associer la vitamine D3 et la vitamine K2 ?
Parce qu’elles agissent aux deux bouts du trajet du calcium. La vitamine D augmente son absorption intestinale et la production d’ostéocalcine ; la vitamine K2 active cette ostéocalcine pour qu’elle fixe le calcium dans l’os, et la protéine MGP pour qu’il ne se dépose pas dans les artères. La synergie est biochimiquement établie ; sa preuve clinique en essai comparatif reste à faire.
Qu’est-ce que l’ostéocalcine ?
La protéine la plus abondante de l’os après le collagène, sécrétée par les ostéoblastes. Elle ne peut fixer le calcium qu’après avoir été carboxylée, une réaction qui exige la vitamine K. La proportion d’ostéocalcine non carboxylée dans le sang est le marqueur le plus sensible du statut en vitamine K des tissus, et elle baisse en quelques semaines sous MK-7.
Quelle différence entre K1, MK-4 et MK-7 ?
La K1 des légumes verts est captée par le foie pour la coagulation et atteint peu l’os. La MK-4, d’origine animale, a une demi-vie courte et demande des doses élevées. La MK-7, issue de la fermentation, reste environ trois jours dans le sang et carboxyle l’ostéocalcine à quelques dizaines de microgrammes par jour. C’est la forme présente dans N43.
Combien de vitamine D par jour après 50 ans ?
Les références européennes situent l’apport adéquat à 15 µg, et l’allégation sur les chutes exige 20 µg par jour, la zone où les analyses groupées observent un effet sur les fractures. N43 en apporte 25 µg, une dose d’entretien. Une carence avérée, mesurée par la 25-hydroxyvitamine D, se corrige sur avis médical avec des doses supérieures.
Faut-il prendre du calcium en complément ?
Les autorités privilégient le calcium alimentaire, mieux absorbé et sans le débat qui entoure les fortes doses en comprimés. Les 950 mg quotidiens recommandés s’obtiennent avec trois à quatre sources par jour : produits laitiers, eaux minérales calciques, sardines, amandes, légumes verts. Un complément n’a de sens que si l’alimentation ne suffit pas, sur avis médical.
La vitamine K2 est-elle dangereuse sous anticoagulant ?
Sous antivitamine K, comme la warfarine ou la fluindione, tout apport en vitamine K interfère avec le traitement et peut déséquilibrer l’INR. N43, qui contient 120 µg de K2, est dans ce cas déconseillé sans avis médical. Les anticoagulants oraux directs ne dépendent pas de la vitamine K, mais l’avis médical reste la règle.
Pourquoi N43 ne contient-il pas de calcium ?
Parce que 950 mg de calcium ne tiennent pas dans une prise de 15 g déjà composée de 43 actifs, et parce que l’aliment reste la source recommandée par les autorités. N43 apporte ce que l’assiette apporte mal, vitamine D3 et K2 MK-7, magnésium, zinc, manganèse, silicium, et laisse le calcium aux produits laitiers, aux eaux minérales et aux légumes.
Pour aller plus loin
Lire ensuite.
Ces guides ont une visée pédagogique et ne remplacent pas un avis médical. N43 Longevity est un complément alimentaire : il ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Tenir hors de portée des enfants. Ne pas dépasser la dose journalière recommandée.